Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 09:20

Notre première nuit au Cambodge, on l'a passé à 100m du poste frontière. Aux alentours tout brule pour que la forêt laisse place aux plantations. On pose le camp chez les douaniers, qui nous apprennent nos premiers mots en Cambodgien, et on se baigne dans le majestueux Mékong qui se prélasse sous cette lumière violette de début de soirée. Le lendemain sur DSCN2356la route, on croise trois cyclos, puis quatre suivent et on se retrouve a onze pour un salon du vélo international improvise au milieu de la route. Et onze cyclos qui se racontent des anecdotes de voyage ca bavarde pas mal longtemps... en même temps presque personne ne passe sur la route alors le salon s'est très bien déroulé. On est tous repartis vers midi sous un soleil de plomb. Un peu fatigués, on a fini par se laisser bercer par le Mékong, qu'on a cette fois traversé à bord d'une grande barque à moteur avec tout plein de gens et de choses dedans. Le soleil va se coucher, il faut que l'on trouve un endroit où camper. Le chemin de terre rouge qui nous fait traverser des villages où se partage des regards et des sourires complices me rappelle des villages du Sénégal. Mais c'est dans des contrées proches de l'Inde que l'imagination va nous déposer. Pendant que l'on se baigne dans ce Mékong qui nous accompagne toujours, le ciel se teinte de rayures oranges et bleues, la lune fait voir son tout premier quartier comme si elle entrouvrait un oeil, la silhouette des grands buffalos, qui viennent se raffraichir paisiblement, se dessine... et une musique, qui vient d'un temple tout proche, finit de nous envouter. Une vieille au son hypnotique se déplace autour de tambours et clochettes, infatiguable et nous voilà enfin perdus entre le Laos et l'Inde... Cambodgia!!!

Le Cambodge a été pendant une longue période hindouhiste. Cette influence se retrouve sur les statues des divinités qu'ils prient et dans la musique. 

Sur cette terre rouge vif on reprend la route qui va s'élargir très vite. Les Chinois y construisent une route très large. De RSCN2520grandes parts de la jungle sont brulées et les sols sont creusés pour surélever la route. Tous les gens que l'on croisent nous crient "hellooo..." et quand on essaye de leur demander comment on dit "bonjour" en Cambodgien on nous répond "hello" (en fait le Cambodgien s'appelle le Kmer). On communique pas trop par la parole mais le sourire paisible et la lumière qui se dégage des yeux des gens ici est un message de sérénite et de joie de vivre qui remplit le coeur d'une chaleur diffuse. La pauvreté matérielle est notable. Les gens sont souvent à 5 par scooter, le cochon y prend parfois place, les maisons en bois sont très rustiques... Mais la richesse qui se trouve dans le coeur et la tête des cambodgiens que nous croisons sur ces routes est plus que flagrante. Elle saute aux yeux et même aux tripes. On tombe juste amoureux de ce paradis! 

300 km plus loin, sans crier gare, un des temples du site de Angkor Wat nous saute aux yeux. Une grande pyramide aux briques rouges s'impose... on y est!!! Il va être temps de sortir de notre paradis pour renter dans ce lieu juste magique. Mais avant on va aller se frotter à Siem Reap, passage obligatoire pour tous les touristes qui vont au Cambodge et qui veulent voir les temples d'Angkor!!

Ca fait toujours bizarre au début de se retrouver dans ce genre de lieu, tout est fait pour les touristes, d'ailleurs le centre ville ressemble à tous les centres villes des villes dédiées exclusivement au tourisme, des bars, des restaux, avec les magasins qui vendent des sacs en peaux de crocos et les massages en plus!!
Les enfants cambodgiens, travaillent toute la journée, ou toute la nuit, en vendant des cartes postales, ou en demandant du lait pour leur petits frère, ou petite soeur.... Ils parlent un anglais parfait, ils connaissent les mots basiques dans toutes les langues d'ailleurs.... Les tuk tuks essayent de tirer leur epingle du jeu, il faut dire qu'ils sont nombreux, et même si le touriste n'est pas une denrée rare ici, ils passent quand même beaucoup de temps à attendre la course!!
On croise des gens de partout, énormement de francais (on se demande s'il reste des gens en France d'ailleurs), des anglais, américains, des latinos (argentins, chiliens, urugayens) placer de ablar espanol!!!, des espagnols aussi d'ailleurs, des italiens, des suédois, des autrichiens, des israéliens, des indiens, des japonais, des chinois, des coréens, des australiens, des libanais,... et le mieux dans tout ça c'est que les rencontres que l'on fait sont juste de trop bonnes rencontres, partage d'expérience, partage musical...   (d'ailleurs 3 francais que l'on a rencontré un soir, Kevin, Océane et Vince, se sont animés, ont acheté un vélo et roulent maintenant avec nous!)

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Enfin on se coule doucement dans ce lieu, on apprend aussi un peu de cambodgien, et une chanson aussi, les chauffeurs de tuk tuks et les enfants demandent à Sybille de la chanter à chaque fois que l'on passe avec les instruments, ce qui nous permet de l'apprendre encore plus vite!! Svay Chanti, le hit cambodgien!! on sait que ca parle du fruit qui donne les noix de cajou, mais on n'en sait pas vraiment plus sur la signification de la chanson... Mais chaque fois que l'on fait résonner les quelques notes de la mélodie et que l'on chante en Kmer, les yeux des gens s'illuminent et les sourires apparaissent, puis laissent place aux rires...
Les parents de Cyril débarquent et on se retrouve tous sous la grosse chaleur. Dès le lendemain, on loue un tandem et tout le monde part à vélo à la découverte des ruines pour 3 jours de visite. Temples gigantesques, bas reliefs aux détails hallucinants, statues de bouddhas et divinités indiennes aux multiples têtes aux pieds desquels brule encore l'encens... Certains temples n'ont pas été complètement déblayés et il y reste des arbres gigantesques qui coulent sur les murs, encerclent les statues, jusqu'à les casser.... Je laisse un peu parler les photos et le dessin.

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On joP1050938ue de la musique dans les restaux tous les soirs. Plaisir dont on ne se lasse pas! Moment de partage avec les gens que l'on croise dans la rue, les clients des restaux et ceux qui y travaillent. On reste très souvent de longs moments dans les restaux après avoir joué pour échanger avec les gens. Enormement de gens sont très enthousiastes et curieux... nous encouragent, nous remercie pour le moment partagé, pour l'énergie apportée...
Cependant, comme les deux derniers soirs, nous tombons sur des personnes (jusqu'ici des francais) qui ont une toute autre vision. Lorsque nous passons le chapeau invitant à la collaboration en nature (nourriture, sourire, argent, boisson...), une grande table nous dit avec un peu de dédain qu ils ne vont surement pas nous donner de l'argent pour payer nos vacances et qu'ils pensent que c'est une honte de "faire la manche" dans un pays pauvre et souffrant comme le Cambodge. Ils apppuient leur argumentation en nous faisant part de leur longue expérience en tant que voyageur. Difficile de leur faire parvenir notre point de vue, ils sont trop surs d'avoir raison et nous coupent en plein milieu de phrase. Le lendemain, rebelote ! Un couple de cinquantenaire francais nous abordent le ton-mi condescendant, mi-arrogant en nous demandant si ca ne nous choque pas de mendier ici. Une belle question rhétorique d'entrée de jeu, nous voila bien. Ils veulent savoir si nous ne faisons pas partie d'un groupe évangéliste "Frère Emmanuel" à qui nous ressemblons beaucoup d'ailleurs puisque nous chantons avec conviction et en souriant beaucoup. Notre look déluré leur a tout de suite mis la puce a l'oreille. On est content de ne pas faire partie de cette bande de malfrats car sinon elle nous a jure qu'elle nous serait carrément rentré dans le lard. Elle nous parle de projet humanitaire, comme les gens de la veille, qui pensent que l'argent est beaucoup plus utile et mieux réparti que lorsque nous achetons de la nourriture ou payons la nuit d'hôtel aux locaux...

 

 

Le débat est lancé ! Tous les commentaires à ce sujet sont les bienvenus !

 

Nous quittons ensuite Siam Reap pour quatre jours à rouler sur ce paradis de Cambodge en prendre plein les yeux et le coeur avant de retrouver, pour certains, la Thailande. Aventures à suivre!

 

On est actuellement au nord du Laos à Vangvien et la famille s'est sacrément agrandie. Ludo, un frérot de Marseille pédale le Laos avec nous ainsi que Suzanna une cyclo hollandaise que Cyrilo a rencontré à Phnong Pen. Alors avec Kévin, Océane et Vince on est onze.

On se serre un peu sur les vélos pour faire de la place pour les potes!!!

 

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C'est le mot de la fin.

Par Yann
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Vendredi 23 mars 2012 5 23 /03 /Mars /2012 07:35
 10 km avant la frontière Vietnamienne, un vent glacé qui vient de l'autre côté de la montagne me fait avancer au DSCN1814ralenti. Mais il me fait parvenir à toute vitesse une chaleur que je connaîs bien. Les Zarmalouloux!!! Les copains sont là au tournant et ce sont des retrouvailles chaleureuses au milieu de la route. Demi-tour pour moi, je redécouvre certains lieux par lesquels je suis passé et re-rencontre les personnes chez qui j'ai logé ou avec qui j'ai partagé un moment. Au village suivant, on repasse dans une maison où je m'étais fait inviter une heure plus tôt. On fête ici la naissance d'un enfant. Découverte pour les louloux du riz collant, cuit à la vapeur dans un panier tressé, ainsi qu'une manière très conviviale de boire de la chicha de yuca (fermenté). Ils sont 6 ou 7 autour d'une grande amphore en terre cuite. Celle ci est remplie de yuca coupé menu. Chacun boit à l'aide d'une grande tige de bambou, à l'unisson pour que l'eau qui est remplie au fur et à mesure, descende.
Dans la foulée nous trouvons une école, on demande l'autorisation et cric-crac le spectacle sort des sacoches.  Les enfants rient autant que nous! C'est la fin de l'école alors on repart et les enfants, tous à vélo, nous accompagnent un bout de chemin en riant aux éclats.
 
 
 
 Au Laos tu croiseras des laotiens bien sur mais aussi beaucoup de cyclotouristes. En moyenne un par jour ! On a aimé leurs styles et motivations diverses et variés qui les réunissait autour de ce même moyen de transport. Petite présentation : tu rencontreras le cyclo futé comme Gustav qui explique que pour le prix qu'il paye le chauffage et l'électricité a cette époque de l 'année en Allemagne, il préfère tout autant s'adonner à sa passion dans des coins sympas et chauds ; le cyclo improvisé comme Tom qui, parDSCN1637ti barouder en bus et mobylette au Vietnam a troqué ses montures motorisées pour une bicyclette avec laquelle il est allé se perdre loin des sentiers battus, dans la jungle, au Cambodge ; le cyclo contemplatif et curieux, Andréas qui aime aller a la rencontre de nouvelles cultures et pédaler dans de belles contrées lointaines ; et enfin le cyclo cyclo, Martin, qui possède un atelier de vélo en Suisse, et profite de se retrouver lui et son destrier, on the road again !
 Une belle rencontre aussi avec Winston qui marche sur 8000km entre Singapour et la Chine, en faveur d'une ONG, qui opère des personnes nées avec un bec de lièvre.
 Le Laos regorge aussi de merveilles naturelles. La grotte de Konglor nous a par exemple beaucoup impressionné. C'est en fait un tunnel qui relie le village du même nom et celui de Nathane, en passant sous une montagne imposante. 8 km de souterrain calcaire grandiose, où le temps et l'eau ont habilement sculpté des antichambres de 30 mètres de haut, des colonnes colossales en spirale, des créations surréalistes de cristaux de calcaire pétrifiés. Tu la traverses dans une petite embarcation en bois avec des lampes torches.

A quelques 40 km de la, des montagnes nous font suer pour la bonne cause. Arrivés en haut du petit col, un paysage lunaire et féerique s'impose devant nous. Des montagnes de pierre volcaniques se brisent en dent de scie sur le grand ciel bleu. Des châteaux forts, des personnages mythiques, des animaux se laissent facilement imaginer dans ce décor Tolkienien. 
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 Ce qui est aussi très frappant au Laos c'est la ferveur dans les croyances, leurs manifestations et pratiques exprimant cette foi. En effet, 90% des Laotiens sont bouddhistes. Preuve en est, partout des temples se construisent. On croisait au moins un chantier par jour. Bouddha est partout, dans les temples, juché en haut d'une belle montagne, sur le bord des routes, chez les gens, doré, les oreilles pendantes de sagesse... Aux premières lueurs du jour, tous les matins, on peut entendre les chants de la prière. Au niveau des rituels, les laotiens (valable en Thailande) possèdent devant chez eux la représentation d'une maison miniature, celle-ci correspond à l 'esprit de la maison, on lui donne de la nourriture et à boire pour qu'il protège ses occupants. Les arbres sont sacrés aussi puisqu'ils sont des manifestations de l'esprit de la terre et que Bouddha a choisi l'un des leurs pour y méditer. Ils les parent donc de tissus sacrés, colorés, imbibés de prière et de remerciements qui volent au vent. Beaucoup de fleurs, d'encens et d'offrande ponctuent la vie quotidienne. Le bouddhisme est aussi inséparable de l'hindouisme et de l'animisme alors c'est comme ça que tu retrouves des statues de Ghanesha (Dieu a tête d'éléphant), Vishnu (Dieu créateur du monde, avec ses nombreux bras), mais aussi des statues représentant la terre mère ainsi que des offrandes au pied des montagnes.  

La veille d'arriver à Pakse, nous nous arrêtonsun peu a l'écart de la route, sur une plate forme terrestre,à DSCN2075deux pas de quelques maisons sur pilotis. On nous indique un endroit pour faire du feu et toute la famille vient s'installer autour du foyer... un sommier de lit est vite amené pour faire office de banc. A part la maman, tous nos hôtes sont des enfants. Nous sortons nos numéros de jonglage et nos nez rouge, chahutons et rigolons pendant un long moment. Les sourires sur tous les visages reflètent une atmosphère joyeuse et détendue. Après avoir chanté des airs sud-américains, nous invitons les enfants à des exercices de jonglerie et de pitrerie dont ils ne se lassent pas et nous restons surpris devant les qualités d'assimilation et d'innovation dont ils font preuve (face à une balle de jonglage, des massues, la guitare et le rythme de la musique). La scène paraît surréaliste avec ce lit au milieu de rien et toutes ces ombres qui dansent dans le ciel étoilé, sous le regard bienveillant de leur mère. Elle finit par nous emmener a l'étage de sa maison à une DSCN2111centaine de mètres de là. Nous enlevons nos chaussures et nous nous installons devant un autel rempli d'effigies de bouddhas, de bougies, d'encens... et la présence de deux sculptures en pierre massive à forme humaine. Nous comprenons qu'elles représentent ses parents dont le portait n'est pas très loin. Pendant plus d'une demi heure, cette femme rayonnante, nous parle en laotien. En s'aidant du mime, elle nous raconte la mort de ses parents, assasinés pendant la guerre, et nous parle de sa vie. Difficile de savoir ce qu'elle a vraiment voulu dire, mais elle parle tellement avec son coeur que malgré la barrière de la langue, qui fait que nous interprétons tous une version différente de son histoire, l'émotion est a son comble. Nous faisons la prière avec elle, en s'agenouillant et en joignant les mains avant de toucher le sol avec notre tête par trois fois. Nous portons à tour de rôle les statues en les élevant vers le ciel avant de les reposer par terre. Peu a peu les enfants se couchent et nous finissons nous même par regagner nos pénates, émus, et disposés à passer une bonne nuit.
 
Arrivés a Pakse, ville tres charmante, nous profitons du nombre important de touristes dans les restaurants pour, comme nous avions l'habitude de le faire en Amérique, partager un moment musical. On raconte un peu notre voyage et on fait bouger la têtes des gens, venus de partout, sur un air de cumbia ou autres musiques du folklore Latino Américain. Tout le monde est aussi enthousiaste que nous, on fait de super rencontres et on se fait invités à un buffet a volonté ou l'on mange jusqu'à s'en faire baigner les cordes vocales. Ça nous fait vraiment trop plaisir de pouvoir de nouveau partager notre musique et nos expériences de voyage, beaucoup de gens étaient très émus de ce moment partagé, et on est repartis de Pakse avec presque 1 million de Kips dans les poches. Bref, un hold-up organisé, où l'on braque les gens au rythme de la cumbia... y con mucha alegria.
 Par la suite nous sommes allés nous perdre dans le plateau des Bolovens. Une montagne où l'on a le plaisir de découvrir des forets luxuriantes aux mille bruits d'insectes. Le temps y est frais, tout est verdoyant, des cascades gigantesques abondent et des papillons aussi gros que ma main virevoltent dans cet endroit magique.
En allant plus au sud, le Mékong triple de volume et 4 000 îles s'y répartissent. On passera 3 jours sur l'une d'elles pour partager toujours plus de musique et de voyage avant de passer la frontière et d'entrer au Cambodge. Par chance, l'un des des fonctionnaires travaillant a la frontière faisait partie de notre public dans les restaurants. Alors du coup on est passés sans payer de bakchich.
 
Toujours avec un train de retard, des nouvelles du Cambodge très bientôt...
Des bises à tous et... Sabaideeeee.......
Les Zarmalouloux
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Par Yann
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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 09:42

  Un petit recit de l'arrivee en Asie... des retrouvailles avec ma famille,...de notre passage en Thailande,...de mon periple tout seul... de ma rencontre avec des familles, sur la route, qui m'adopteront pour un temps... jusqu'aux retrouvailles avec la Zarma Familia... qui pendant ce temps la roulait sa bosse en Chine et au Vietnam...

 

406879 3200078079189 1183166592 33598441 1743414681 n Après 18 jours en pleine mer, on voit une ile surgir des profondeurs. Un volcan faisant partie de la péninsule du Japon. Puis nous passons au large de Taiwan et débarquons à Xiamen. Une ville gigantesque... même les grosses villes américaines paraissent des crottes de mouches à coté. L'éternelle platitude de l'océan fait place à des verticales qui se répètent a l'infini. Trois jours plus tard nous posons le pied a Hong Kong. Winzu, un coach-surfeur nous accueille chez lui. Il nous offre son toit pour 10 jours, dans l'attente des visas chinois et vietnamiens, et en échange nous lui préparons des plats d'un peu partout pour le plus grand plaisir de son estomac. Nous avons passé nos journées à visiter un peu la ville, à faire du jonglage, de la musique et notre spectacle à Sheung Shui, quartier au combien sympathique, pour l’amabilité de ses habitants. Grâce à leur soutien inconditionnel, nous avons pu financer l’achat de quelques cadeaux de Noël: un appareil photo de qualité, un ordinateur portable, ainsi que les visas.

Je vais à l'aéroport chercher ma petite famille qui arrive les bras chargés de cadeaux... y con mucho amoooorrr....

Deux jours de plus à Hong Kong à déguster nos cadeaux (fromage, saucisson, chocolat et vin rouge) comme de bons francais, à visiter la ville et nous volons pour la Thailande. Arrivés à Bangkok, nous partons directement pour Cha Ham, à 200 km au sud, à bord d'un taxi qui roule, comme toutes les voitures, a 160 km/h en doublant par tous les cotés, mais tout en sérénité. Nous logeons dans un bungalow, le ThaiBamboo, au milieu des manguiers, dans un village DSC02699très tranquille. Farniente à la plage, visite de temples bouddhistes cernés par des singes qui se chamaillent ou se mangent les puces, dégustation des plats sucrés, salés et épicés... La semaine passe à toute vitesse et il est déjà l'heure de retourner à Bangkok pour aller chercher la soeurette qui arrive avec sa copine Pauline qui vient passer 6 mois en Thailande pour ses études. A bord de tuc-tuc (motos taxis) qui se faufilent dans le chaos de la circulation, en roulant le plus souvent à contre sens pour gagner du temps, nous allons de temples en temples. Les chauffeurs nous déposent au passage chez leurs patrons, des vendeurs de bijoux et costumes... Nous testons aussi les massages traditionnels thailandais, passage obligé. C'est quelque peu douloureux lorsque la masseuse t'écrase les muscles avec ses coudes et ses genoux, mais qu'est ce que ça détend!

 

Puis c'est l'heure difficile de se dire au revoir... mais je reste avec la petite soeur encore un peu. 

 

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Nous prenons le bus qui nous dépose à 5h du matin a Sukhothai, ruines historiques du peuple Khmer. Le soleil n'est pas encore levé quand nous entrons sur le site. Toutes les statues de Bouddha, en position de méditation, sont tournées vers l'Est, pour accueillir en même temps que nous le soleil qui se lève.

 

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   Direction Chiang Mai au Nord pour passer le nouvel an. Nous atterrissons dans un temple bouddhiste. Des bougies sont allumées partout sur le sol et sur l'eau, des lampions de toutes les couleurs brillent dans les arbres et une musique envoutante pose l'ambiance de cette nuit magique. Après que les moines aient exécuté une longue prière face à la statue de

DSC02946Bouddha, l'un d'eux explique à tout le monde, en parlant anglais, en quoi consiste la vie de moine bouddhiste et quelles sont les bases du bouddhisme. Puis nous sommes invités à exécuter une prière tous ensemble en ayant des pensées de paix pour ceux que l'on aime et pour tous les habitants de ce monde. Un moment de recueillement où chacun pense à son prochain et pas seulement à soi. Suite à cela nous allumons des lampions que nous lachons dans le ciel comme on peut lancer des pensées positives pour ce monde. Un nouveau ciel étoilé en mouvement perpétuel est formé par ces milliers de lampions porteurs de bonnes intentions. Dans cette ambiance mystique, on se met a rêver que ces étoiles pourront peut être guider nos galères perdues dans la mer agitée qu'est ce monde.  

      Il est temps pour moi de reprendre la route à vélo. Bangkok et sa mégalopole n'est pas praticable à vélo alors je prend le train à 23h pour trouver des routes tranquilles. Le vélo va dans la soute à bagages. Je demande à plusieurs personnes si la ville où je vais (et où je dois arriver à 4h du matin) est bien le terminus. Tous me répondent "oui, oui...". Mais je me rends compte maintenant que parfois quand les gens ne comprennent pas ils se contentent de répondre "oui, oui...". Alors j'ai dormi comme j'ai pu en position assise et je me suis fait réveiller par le contrôleur qui a pris mon ticket, a rigolé, m'a montré d'où vient le train et est parti. Il est 4h30 du matin, j'ai pas les yeux en face des trous... c'était pas le terminus et je sais pas si mon vélo est toujours dans le train. Personne ne parle anglais, ils se commentent tous la situation entre eux en thailandais. Je descends, mon vélo n'est plus là! J'apprends finalement que mon vélo a été descendu là où je devais moi même descendre et qu'il m'attend. Demi-tour. Je récupère mon vélo, je souffle, c'est parti... on va voir ce que c'est que de pédaler au pays du sourire.

    rsz yann with thai familyA chaque passage dans un village, les enfants sont surexcités, ils sautent dans tous les sens, rigolent et saluent de toutes leurs forces "Sabaideeee.... Sabaideee!!!!!". Et c'est vrai que tout le monde a le sourire! J'ai vu une fois un dicton ici qui dit "Le plus simple chemin qui mène à la joie est de sourire". C'est vrai que ce mouvement des zygomatiques allège les pensées. Tout le monde a l'air très paisible et serein par ici. Alors en pédalant, tout le long du chemin, je sème des sourires et j'en reçoit tout autant en retour. Je me nourris de la lueur qui émane de tous ces visages, de la beauté du paysage et le soir, lorsqu'il ne reste plus que quelques minutes de soleil, je m'arrête dans un village pour aller à la rencontre de ses habitants.

     C'est l'heure où les enfants se mettent à jouer au Takraw, un sport qui ressemble au volley mais qui se joue avec une petite balle en osier. Trois contre trois on a le droit de jouer avec la tête et les jambes. Les coups sont acrobatiques et ça ressemble parfois plus au kung-fu qu'au foot. Alors moi, novice, je me débrouille comme je peux avec des coups pas très académiques mais ça passe et ça fait bien rire tout le monde. Une fois que mon corps s'est exprimé autour de ce sport déjanté, il est temps d'essayer de communiquer avec le peu de mots que j'ai appris et grâce au mime. Avec les enfants, c'est souvent beaucoup plus facile. Chacun parle dans sa langue et la barrière de la langue devient un jeu amusant où chacun essaye de prononcer les sons étranges qui sortent de la bouche de l'autre. Et puis tant que le corps continue à s'exprimer par le mime on se comprend, et quand on ne se comprend plus, on éclate de rire. Avec les adultes c'est souvent plus difficile car on s'attache bien trop souvent aux mots (à part quand l'alcool de riz monte à la tête et que les corps se relachent...). 

378952 330679500277407 100000060783862 1443180 1970045860 a Ca laisse beaucoup plus de place au silence, on observe les visages, les attitudes, en cherchant à en extraire du sens. Puis quand le cerveau se fatigue de chercher ses propres références si loin de chez lui, on observe juste pour le plaisir d'observer, on écoute les gens parler tout comme on écouterait une musique exotique, sans chercher à comprendre ce que ça peut vouloir dire. On profite juste du plaisir de partager un moment, un verre ou un repas ensemble.


Mais une fois je me suis aperçu qu'il y a des mots qui sont importants et qu'il faut absolument les comprendre. J'étais en train de partager un repas dans la maison d'une famille qui m'avait invité. Alors que je m'extasiais devant la découverte de trois nouveaux légumes qu'on me présentait, un vieil homme est venu et m'a dit " หกสแปก! ". Je lui fait comprendre que je ne comprends pas et il me répète " หกสแปก! ". Je lui demande alors de faire des signes mais il me répète égal à lui même " หกสแปก! ". J'éclate alors de rire et je vois son regard se noircir en me répétant " หกสแปก! ". Et là je me rends compte que la situation est sérieuse et qu'il faut que je comprenne absolument ce que signifie ce mot. Il me demande alors de le suivre et me présente à quelqu'un qui parle anglais. J'apprends alors que " หกสแปก! " veut dire "passeport!" et que le vieil homme est le chef de village. Ce que je ne savais pas c'est que lorsque l'on passe la nuit dans un village on doit présenter son passeport au chef du village afin qu'il marque dans son registre le nom du nouvel habitant.  

Quand le mime n'est plus suffisant, pour raconter un peu mon voyage, je me met a jongler avec ma boule de contact (la boule de contact c'est comme sur la photo... une boule qui roule sur le corps...). Et puis je leur chante des chansons d'Amérique latine, du Mexique, de Colombie ou de Bolivie, en leur montrant ou ça se situe, pour les faire voyager un peu aussi. 

 

DSCN1958Alors quand dans un village, Kham,le grand père de la famille parlait français ça a rendu les choses beaucoup plus simples. Plus de mimes, plus de sons dissociés de leur signification... et ça repose d'avoir les mêmes codes pour communiquer. Pour moi comme pour tous ceux qui m'entourent ce soir là, Kham est un pont entre nos deux cultures. On a pu se poser toutes les questions qui nous taquinaient. J'ai pu enfin en apprendre un peu sur la vie des gens à mes côtés et sur ce pays qu'est le Laos. J'ai appris par exemple que chaque habitant en age de travailler la terre avait droit à 3 hectares de terre pour construire sa maison et cultiver (on ne peut pas acheter ou vendre la terre qui n'est ici pas une marchandise). Alors personne n'est réduit a devoir mendier pour s'en sortir, tout le monde peut vivre dignement. La plupart de la population vie très humblement dans des maisons en bois sur pilotis, cultivant la terre, vendant légumes et riz collant (cuit a la vapeur) sur le bord de la route, réparant vélos et scooters (les plus nombreux sur la route)... Tout le monde est toujours très paisible, avec le sourire jamais très loin des lèvres. Je n'ai jamais entendu une personne hausser la voix sur quelqu'un. Même le temps semble apaisé et on pourrait croire qu'il dure plus longtemps. Au sein même des grandes villes, on ne trouve pas de buildings mais des parcelles de terre  vierges où les vaches pâturent le long du Mékong.

 

C'est dans cette ambiance que j'ai retrouvé ma famille d'adoption, la Zarma Familia, les potos quoi... qui ont traversé le sud-est de la Chine et le nord du Vietnam jusqu'au Laos. On vous raconte très bientot le reste des aventures laotiennes... En attendant, portez vous bien, gardez le sourire et... sabai deeeeeee!!!!......

 

 

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Par Yann
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Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 12:42

  Hola mis carnales... euh... hi everybody... euh non... nirahôô... euh... ha... je sais plus trop comment vous saluer. Depuis que j'ai écrit sur ce blog la dernière fois, on a avalé beaucoup de kilomètres et on est passé par des pays aux coutumes et aux langues bien différentes. Pour vous ressituer un peu, la dernière fois je vous ai laissé à Querretaro, au Mexique. Et depuis ce jour nous avons entamé une course contre la montre pour arriver à temps à San Francisco et monter sur le bateau en direction de Hong-Kong. 70 kilomètres par jour, tous les jours, pendant deux mois. Juste quelques rares jours de pause dans le désert de San Louis Potossy, à se laisser ensorceler par ce lieu et à profiter de nos derniers jours avec nos compagnons de route; j'ai nommé, notre pelotuda préférée Penny et notre boludo attitré Titan. Après ça, on a traversé les vertes montagnes de Durango et remonté toute la côte à partir de Mazatlan, en passant par le désert de Sonora, pour arriver à Mexicali, la ville frontière.

 

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  Dernier jour à Mexico "cabron", demain on passe "del otro lado" (de l'autre côté) comme ils disent ici. "on the road again... et sur la West Coast mannn... ça va être comme dans les films!". Et c'est vrai que c'est comme dans les films! Ici, la vie c'est en 16/9ème... les rues sont comme des routes à trois voies, les camping-car aussi PB112797grand que des bus et les centres commerciaux sont étendus comme quatres villes. Ce qui change c'est qu'il n'y a pas les sous-titres. Et comme la plupart des gens ont tendance à manger la moitié des mots avant de les prononcer, au début on est un peu perdus. Mais comme on est en Californie, et que c'est quand même encore un peu le Mexique, on a le droit à une question secrète: "Hablas espanol?". Et la plupart du temps ça marche! Mais contrairement au Mexique, ici on ne peut pas faire du jonglage au feu rouge pour gagner quelques dollars et la plupart des restaurants sont des grandes chaînes alors dès qu'on a aperçu un restau mexicain, on s'est dit "ici on sera bien reçu". On a foncé dedans comme des vautours, joué notre traditionnelle Cuuuumbiaaaa, partagé un moment festif et on est ressorti avec 20 dollars, le sourire aux lèvres, en se disant qu'il y avait finalement peut être moyen qu'on gagne notre pain aux Etats-Unis aussi. C'est qu'on ne savait pas qu'aux States, quand on sait se vendre on peut gagner bien plus que du pain! On s'en est rendu compte à Palm Spring, ville où toutes les plus grandes fortunes américaines ont une maison. Ils étaient tous trop croc des petits français qui voyagent à vélo et de leur musique exotique d'Amérique latine. C'était la tournée des restaux... les poches pleines à craquer de dollars et la panse remplie des meilleurs plats de la région!

 Bien qu'on ait des dollars qui brillent dans les yeux, PB112770on préfère toujours le camping sauvage aux luxueux hôtels (dans la nature on dort sous un ciel aux milliers d'étoiles, dans un hôtel il n'y a que 5 étoiles maximum!). Alors après notre Jackpot, nous sommes allé trouver un petit coin dans le désert à la sortie de la ville. C'était un peu près de la route mais la nuit est arrivée très vite et on avait plus trop le choix. "Tiens, il y a plein de cartouches de fusils sur le sol, il y a des gens qui doivent s'entraîner à tirer ici. Mais la nuit on devrait pas être embêtés". Comme il fait un peu frisquet en automne par ici on a mis un buisson bien sec au feu. Et ça a fait des très grosses flammes tout de suite. Du coup on était plus trop discrets. Une voiture s'est ramenée. C'était des mecs qui venaient s'entraîner à tirer, de nuit on voyait pas trop l'intérêt qu'ils pouvaient y trouver mais on a pas trop cherché à insister. Puis une ribambelle de non pas 3, ni 4 mais bien 5 camions de pompiers est passée accompagnée par d'autres voitures. En rigolant on s'est dit "tient, c'est pour nous...". Et puis ils ont fait demi-tour, "bah ouais c'est bien pour nous...". C'est la première fois qu'on nous éteint notre feu de camp à la lance à incendie. En fait c'est juste pas possible de faire de feu dans la nature aux Etats-Unis. Du coup pour la bouffe de ce soir c'est raté.

 

  On se rend compte aussi que pour trouver un endroit pour dormir chaque nuit ça risque d'être compliqué. Les pompiers ne peuvent plus nous acceuillir chez eux comme au Mexique et trouver un endroit dans la nature où se cacher pour faire un feu s'avère difficile vu que la plupart des terrains sont privés. Alors on s'est souvent retrouvés à demander l'hospitalité chez les gens. A Palm Desert par exemple, quartier résidentiel très très huppé, on a tenté notre chance. Lorsqu'on a frappé à la première maison, un couple a ouvert et leurs visages se sont décomposés à la vue de notre allure qui dénotait quelque peu des normes du quartier. Pour rester polis et ne pas perdre la face ils nous ont juste répondu "c'est vraiment pas le bon jour, désolé". On ne s'est pas découragés pour autant (en même temps on n'avait pas trop le choix) et on a continué à frapper aux maisons, en choisissant les plus belles. Lorsque Jerry nous a ouvert, son visage est resté neutre. "- On voyage à vélo et on cherche un endroit pour dormir, on peut camper dans votre jardin? - Non... ce que vous pouvez faire c'est plutôt dormir chez moi, j'ai des invités ce soir mais il n'y a pas de soucis. -Woowww... (je dois bien avoué qu'on a été un peu surpris qu'il nous réponde sans aucune hésitation) mais on est 7". Sans sourciller pour autant il nous a juste répondu PB102756qu'il devrait y avoir de la place et qu'on pouvait garer nos vélos à côté de la piscine. Et là il nous a sorti le grand jeu, le gros barbecue américain à gaz, les grosses patates américaines gorgées de fromage et recouverte de bouillon de poulet. Sa spécialité! Tant de simplicité chez cet homme, toujours à poser sa main sur l'épaule de l'un de nous en nous disant à tous "enjoy the moment... relax". C'était d'ailleurs un dicton qui était imprimé au dos de sa chemise. Des gens comme Jerry qui, émus par notre aventure à vélo, ont cherché au maximum à nous aider, on en a croisé pas mal au final. Et je dois dire que c'est un côté des USA auquel je m'attendais pas trop.

 Mais on a aussi découvert le côté sombre des USA. Pas mal de personnes sont aussi animées par la peur et la psychose et préfèrent souvent appeler la police plutôt que discuter quand quelque chose les interpellent. On en a fait l'expérience au nord de Beakersfield. On avait loué un camion pour y mettre nos vélos et 5 louloux en guise de chargement afin de se rendre à Oakland en temps et en heure avant le départ du bateau. Consigne: à l'arrière, pas de bruit lors des arrêt. On avait vraiment tous pas envie d'entendre la sentence du shérif si il découvrait nos 5 clandestins. Lors de la première pause, tout le monde descend pour aller faire des courses. Une fois tout le monde remonté dans le camion, au moment où j'allais m'asseoir pour démarrer, la voiture du shérif débarque. Ma respiration s'est accélérée et mes muscles se sont mis à trembler. OK... c'est le moment de la jouer détendu. Avec un grand sourire j'accueille le shérif qui m'annonce que je suis garé sur une place privée et que le propriétaire de cette place (la maison d'à côté) l'a appelé parce qu’il trouvait que le chargement du camion était suspect. Pendant qu'il contrôle les papiers du véhicule on discute de la pluie et du beau temps avec tant d'affairement qu'il en oublie de contrôler ce qu'il y a à l'arrière et me dit "bonne journée sir". Pffiiiiuuuuu.... On the road again!!!......

 On arrive a San Francisco à temps pour voir ce qu'est la fureur du samedi soir dans cette ville mythique391951 10150418773501837 523671836 8870649 1286565877 n. Dans les couloirs du métro on joue de la musique avec des musiciens qui touchent pas mal leur bille! Et ils viennent de partout... du ragtime de la New Orléans, du Folk Rock Campesino du Canada, de la Soul Music de la West Coast... Et avec le mouvement d'occupation "We're the 99%" qui règne ici il y a une ébullition d’énergie créatrice qui règne dans l'air... de la folie! Et c'était encore plus flagrant à Oakland où Coco, notre premier contact couch-surfing, nous a acceulli dans sa coloc. Chez elle on s'est senti comme chez nous (parcequ'en même temps elle est un peu comme nous) et on a passé nos dernier jours sur ce bon vieux continent dans une ambiance familiale. Bien content d'ailleurs de savoir qu'on a laissé notre compère Marianna entre de bonnes mains. Voilà, apres il a fallu dire adieu, adieu à Marianna, à Coco, à l'Amérique et a tous les copains... adieux mais pas à jamais. On aurait bien voulu montrer le bateau à Marianna, mais le monsieur du port a pas voulu... elle a du rester à l'entrée du port. Nous on est monté sur notre luxueux navire de trois cent mètres de long. On a été se coucher, bien nostalgique, en regardant vers l'ouest un peu quand même, et en pensant à ce cheese cake qu'on avait dit qu'on mangerait et qu'on a pas mangé, alors que c'était un pari... et puis le téléphone a sonné "- You have some visitors... - Visitors???" Et oui, apres une mission commando dans le port d'Oakland, nos deux guerrieres de l'extrême (Marianna et Coco) ont réussi à passer le poste de contrôle sans se faire voir et à sympathiser avec l'un des membres de l'équipage afin de nous apporter un cheese cake qu'on a pu partager tous ensemble, dans un dernier exquis moment!!! Et comme l'Amérique c'est plus qu'un conte de fée, elles avaient même la permission de 2h du mat.

 

Peinture Oakland

... Ma perception d'Oakland ...


 18 jours pour traverser l'océan. C'est un peu le sass de décompression entre l'Amérique et l'Asie! Sur le bateau on était comme des rois, des grandes cabines, un stewart (merci Jowel) à table qui sert de la bonne cuisine, une piscine à l'eau de mer, un sauna, une table de ping-pong, des dvd en veux tu en voila et bien sur le traditionnel Karaoké philippin, mais avec en plus la batterie et la guitare électrique. L'équipage était génial, le capitaine s'est même déguisé en Santa Klaus pour le 6 décembre (en allemagne on fête St Nicolas). Fait insolite, à l'inverse de Phileas Fogg les fuseaux horaires nous ont sucré un jour! Bon, ça a été vu que c'était un lundi... On a pu bichonner nos vélos, grâce à Siriacoc, un espagnol, qui nous a mis a disposition son atelier et son esprit pratique. On a aussi pu répéter le spectacle, changer deux, trois trucs, qui nous plaisaient plus et on l'a présenté au crew le dernier soir.

 

Et puis on a débarqué a Hong Kong et là... 乳 房 短 短... 方法以及... 人体也... bah c'est un autre monde... et une autre histoire que je vous conterai un peu plus tard. Tout ce que je peux vous dire c'est que, bien qu'on ait débarqué à l'extrême Est, "on se sentait bien à l'Ouest!"

 

Je suis actuellement en Thailande où je viens de passer une semaine avec ma petite famille (c'est les dingues de la photo ci dessous). Je vous raconte ça aussi au prochaine épisode. En attendant je vous souhaite une bonne fête de fin d'année, une bonne année et tout et tout... Une pensée toute particulière aux dingues d'en dessous que j'aime!

 

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Par Yann
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Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 02:55

 L'entrée au Mexique c'est d'abord un poste frontière gigantesque avec militaires à l'accueil, des rues très larges où circulent des pick-up énormes, des ribambelles de fast-food... au début j'ai eu peur que ce pays ait perdu toute la richesse qui m'avait séduit en Amérique centrale... qu'il soit devenu un Oncle Sam portant le sombrero et la moustache.

 

 Les premiers coups de pédales au Chiapas vont très vite me montrer le contraire. Au coeur de ces montagnes abruptes, l'impérialisme américain a du mal à se frayer un chemin. Dans l'ombre de ces forêts épaisses, quelques hommes et femmes agissent pour être reconnus, pour pouvoir s'auto déterminer et pour que la culture et la tradition millénaire de leurs ancêtres Maya continue à vivre. Du mouvement zapatiste nous n'aurons vu que des traces. Des peintures sur les murs des écoles des villages relatant l'histoire du mouvement et appelant à continuer la lutte. Des personnes nous racontant comment se passaient les assemblées populaires dans toute la région pour que chacun puisse faire entendre sa voix. Aujourd'hui la lutte continue mais dans l'ombre car comme on dit ici: "pour vivre libres, vivons cachés".

 

Chiapas


Le Mexique est d'abord une terre de mystères au passé très riche.

 

 

Les paysages de forêts tropicales et cascades gigantesques vont faire place, avec l'altitude, à des forêts de pins très similaires à celles que l'on peut voir en France. Après 4 jours d'ascension, nous arrivons à San Cristobal de las Casas, où Lisa, une amie de Lille, nous attend avec son vélo, des chansons à partager et plein de bonne humeur à revendre pour un mois de voyage au sein de la famille zarmalouloux. C'est dans cette ville que nous allons découvrir le "Son Jarocho", musique traditionnelle jouée dans les villages autochtones et métissés de la côte de Veracruz. Ça c'est passé lors d'une soirée à laquelle nous sommes invités, dans une maison de fous de musique et de fête, où le "son jarocho" est joué et dansé chaque semaine.

Les poètes du "son jarocho" sont avant tout des improvisateurs et de nouveaux couplets modernisent sans cesse les chansons traditionnelles. Pour l'histoire, cette musique est née de la rencontre de rythmes africains (arrivés ici lors de la "traite des noirs") et de rythmes espagnols, et notamment andalous, où s'entend aussi l'influence de la culture arabe. Voulant sûrement participer à cette orgie musicale, un âne s'est même invité, ou plutôt le squelette de sa machoire, qui fait une très bonne percussion quand on sait lui faire vibrer les dents au son de cette musique entraînante. 

Un petit voyage pour vos oreilles et une spéciale dédicace à la Lisoute...

 


 

 

Le Mexique c'est aussi une terre de métissage...
On dit ici que les mexicains son comme le "mole" (sauce typique du mexique),
un mélange de cents ingrédients bien étrange mais qui donnent une saveur bien typique et originale.

 

 

 P7272068Il est temps de reprendre la route. Et quelle route! Une descente qui tranche dans le vif de la montagne pour passer tout droit en empruntant un pont gigantesque où l'on se sent voisin des rapaces et des nuages. Puis en entrant dans l'Etat de Oaxaca, ce sont des jours de pluie torrentielle qui nous tombent dessus pour des journées de vélo à la fraîche. On finit par apprendre que 100km plus loin, il y a des inondations, que la route a été détruite, et qu'aucune voiture ne peut passer. Problème... l'autre moitié du groupe, qui a préféré la route côtière à celle des montagnes du Chiapas, est à 300 km devant nous, à Mazunte. Si nous ne pouvons pas passer, nous devrons faire une large boucle par les montagnes pour les rejoindre. Premier obstacle, un fleuve a emporté une partie du pont. Les machines amassent un monticule de terre et nous pouvons passer en portant les vélos. Plus loin, certains champs sont complètement submergés, la route s'est effondrée, un cours d'eau s'est formé et emporte pancartes de signalisations et branches mortes sur son chemin. Des centaines de gens passent à pied, de l'eau jusqu'aux genoux, pour rentrer chez eux sans s'affoler.

Au final ça passe et nous arrivons à Mazunte. Nous y faisons la rencontre de Penny et Marianna, amies mexicaines d'Audrey et nouvelles comparses de l'aventure à vélo. La famille s'agrandi, nous sommes maintenant 10 et la parité est de mise. Sur cette plage touristique, seules des cahutes, sans trop de lumière, sont présentes pour ne pas effrayer les tortues marines qui viennent pondre. Nous faisons la rencontre de voyageurs français, installés ici pour quelque temps, qui jouent dans les nombreux restaurants de la musique balkanique à l'accordéon et à la clarinette. Pour gagner un peu d'argent, et se faire inviter à manger, nous débarquons à 10 dans les restaux pour jouer une "cumbia campesina" endiablée. Et on nous a même invité à jouer une heure durant.

 

 Une autre plage nous appelle, dans l'Etat de Guerrero, la playa Michigan. Nous nous y dirigeons pendant que notre soeur Lisa se redirige vers la France après un mois de pur bonheur. Et nous, nous nous installons sur ce coin de paradis où Cyril a vécu un an et demi (il y a 4 ans) à s'occuper de la protection des tortues marines.

Des levers de soleil rouges flamboyants se reflétant dans la tranquillité de la lagune. Des vagues gigantesques sur lesquelles les pélicans s'amusent à surfer (aller se baigner c'est comme aller au front avec la puissance de ces vagues). Et la nuit, le sourire complice de la lune qui nous accompagne lors de nos marches à la recherche des tortues qui viennent pondre. Les mayas décrivent notre Terre comme une tortue se déplaçant dans l'univers (voir article de Cyrilo sur zarmablog.blogspot.com). Cette image me saute aux yeux lorsque, passant ma main sur la carapace de la tortue en train de pondre, le plancton fluorescent qui s'y est déposé s'illumine pour former une voix lactée

 

Playa Michigan


  Le Mexique c'est aussi des endroits magiques à la vibration bien spéciale.

 

 

 Autre endroit magique, Tepozlan, où nous allons passer un bon moment dans la maison de Juanin, ami de Cyrilo. Les parents de Arthuro et Cyrilo nous y retrouvent et nous passons des journées à crapahuter au beau milieu de ce paysage enchanteur. Cheminées de fées inaccessibles, cascades gigantesques, amatés jaunes les parois rocheuses, ruines de pyramides... Nous nous chargeons de toute cette bonne énergie avant de nous rendre quelques jours à la capitale pour respirer le bon air du "smog" (nuage de pollution énorme), visiter le musée d'anthropologie (une mine d'or!) et présenter notre spectacle ainsi que des ateliers de clown, acrobaties, beat-box et jonglage durant deux jours dans une école Montessori à Patchuca.

 

De retour à Tepozlan, le père de Juanin, anthropologue spécialisé sur le culte chamanique, nous en apprend énormément sur les rituels des différentes ethnies du pays. Un de ses neveux, souffrant de problèmes graves à la jambe qu'aucun médecin n'a pu résoudre, est venu ici de Madrid, pour se faire soigner par un guérisseur aux pouvoirs mystérieux, connu dans tout le Mexique.

 

Le Mexique c'est aussi un pays où la plate réalité et le mystique se confondent et s'obsèdent

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Cinq jours de vélo plus tard, nous arrivons à Queretaro pour la fête de l'Indépendance du Mexique. Dans les rues, des hommes et femmes de tout âge, et toute couleur de peau, défilent, vêtus des habits de cérémonie des différentes ethnies de la région. Tout le monde danse et au rythme des tambours, les costumes faits de plumes gigantesques, de têtes d'animaux et de signes mystérieux sont pures explosions de couleurs

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  Le Mexique a de multiples visages mais dans ce pays comme dans toute l'amérique latine, un même esprit est là. Il a survécu et il renaît aujourd'hui au sein d'un peuple métissé. C'est l'esprit qui a habité ce continent avant l'arrivée des espagnols.

 

Et une chanson qui nous a poursuivi dans tous les pays que nous avons traversé à vélo en est l'exemple:

 

Soy un niño salvare, innocente, libre, silvestre

Tengo todo los edades, mis abuelos viven en mi

Soy hermano de los nubes y solo se compartir

Se que todo es de todos y que todo esta vivo en mi

Mi corazon es un estrella y soy hijo de la tierra

Viajo a bordo del espiritu y camino a la eternidad.

Je suis un enfant sauvage, innocent, libre, sylvestre

J'ai tous les âges, mes ancêtres vivent en moi

Je suis frère des nuages et sais seulement partager

Je sais que tout est à tout le monde et que tout vit en moi

Mon coeur est une étoile et je suis fils de la terre

Je voyage à bord de l'esprit et chemine vers l'éternité. 

 

Sur ce je vous laisse, portez vous bien, des bises à tout le monde...

Par Yann
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Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 22:58

  Nous sommes actuellement au Mexique. L'Amérique centrale résonne encore dans ma tête...

L'odeur de tortillas est toujours fixée à mes narines. Le goût du "gallo pinto" et des fruits exotiques s'accroche à mes papilles. Les volcans, lacs, bords de mer, jungles et montagnes sont restés imprimés sur ma rétine. La chaleur humaine des gens réchauffe encore ma main à travers le souvenir des si nombreuses poignées de main. Les histoires de guerre civile et guerres de gangs qui se baladent encore dans mes oreilles manquent de me percer les tympans, mais les douces voix des personnes avec qui nous avons échangé et les milles chants des animaux que nous avons croisés apaisent cette douleur.

Mes cinq sens se sont imprégnés de tout ce qui fait  la particularité de ces cinq petits pays que sont le Costa Rica, le Nicaragua, l'Honduras, le Salvador et le Guatemala.

 

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Costa Rica

 

 Costa rica (côte riche), c'est comme ça que les colons ont baptisé ce petit bout de terre lorsqu'ils l'ont découvert en 1510. DSC01874A chaque coup de pédale c'est un nouvel oiseau aux couleurs innattendues qui plane juste au dessus de nos têtes, c'est un concert d'une centaine de grenouilles aux sons tous différents, c'est un tapir qui traverse tranquillement la route, des crabes aux couleurs flashy, des singes qui se prélassent ou qui se balancent d'arbres en arbres... c'est aussi beaucoup de volcans, toujours en activité pour certains, (tout le pays a d'ailleurs avant tout été formé par une importante activité volcanique) et surtout des plages de rêve où les surfeurs californiens ont trouvé leur place.  

 Le tourisme s'est énormément développé. Là où nous sommes passés, le Costa Rica fait un peu penser à une colonie des Etats Unis. Il y a certaines villes où ne vivent presque que des américains retraités, ne parlant pas l'español, et où la musique caribéenne qui sort des bars a fait place à de la musique country. L'español parlé ici par les "ticos" (habitants du Costa Rica) a d'ailleurs un léger accent des Etats-Unis, par exemple "Costa Rica" se prononce ici "Costa Wica".

 Le tourisme de masse, s'il rapporte de l'argent au pays, fait auDSC01780ssi quelques dégâts ici. Il privatise de plus en plus tout ces petits coins de paradis qui deviennent accessibles seulement aux plus riches et il a fait augmenté le coup de la vie (tout est presque aussi cher que chez nous dans les lieux touristiques) sans que les revenus des ticos n'augmentent.

Mais du même coup, l'éco-tourisme pratiqué ici, injecte des fonds pour la sauvegarde de la faune et de la flore, qui attire toujours plus de fans de nature.

  Sur cette route qui longe le pacifique, nous n'auront pas rencontré beaucoup de natifs du pays. Mais même dans les lieux où tout est privatisé et où l'argent est roi nous avons rencontré l'hospitalité. Lors de notre tournée des restaurants pour jouer de la musique et gagner un peu d'argent pour se payer le Gallo Pinto, plat traditionnel, nous avons tenté notre chance dans un restaurant 4 étoiles. Le patron n'a pas voulu que nous jouions pour les clients mais pour lui seul, et ému par notre manière de voyager il nous a invité à manger, à camper dans l'hôtel et à se prélasser dans la piscine. "Pura vida mae!"

 

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 "Pura vida". C'est l'expression qui caractérise ce pays. On s'en sert pour dire bonjour, merci, de rien, c'est cool, je vais bien et encore tout plein d'autre trucs. Mais c'est surtout synonime du bonheur qu'ont les gens de vivre ici en étant entourés d'une nature si riche.

 

 

Nicaragua

 


L'entrée au Nicaragua c'est d'abord la découverte des tortillas, galette de maïs qui se mange à chaque repas. C'est aussi plein de nouvelles odeurs, de nouvelles couleurs sur les habits traditionnels et une empreinte des Etats Unis bien moins présente. "Je crois que là on est de plein pied en Amérique centrale!"

 P5191360[2] Au Nicaragua, la famille Zarmalouloux s'agrandit. Nous voyageons avec Daniel, qu'Arthur a rencontré à Libéria, notre dernière escale au Costa Rica. Daniel, cyclo holandais, a 24 ans et profite de ses vacances universitaires en anthropologie et économie pour aller de San Jose (capitale du Costa Rica), à Cancun (Mexique). Le courant passe tout de suite bien... et nous passerons au total 10 jours à nous connaître et à partager de très forts moments qui seront pour nous les souvenirs de ce pays enchanteur qu'est le Nicaragua.
 Quand on demande à Daniel "tu joues d'un instrument?" ilDSC01859nous répond "oui, un peu de trompette" ça tombe bien, on en a une! Dés le deuxième soir, à San Juan del Sur, ville balnéaire au bord du Pacifique, avec plein de bars et de restaux pour aller chanter, Daniel nous accompagne à la trompette!

En voulant nous rendre à Chacocente, une réserve naturelle protégée par la marine, lieu très particulier où en octobre, chaque nuit, 20 000 tortues viennent pondre sur la plage de 1.5km, nous nous tromperons plusieurs fois de chemins et ne serons pas autorisés à emprunter un chemin plus direct mais privatisé. Au final, ces petits détours nous ont permis de passer par de tous petits chemins de terre comme cela faisait longtemps que nous n'avions pas pratiqué, découvrant ainsi le Nicaragua profond, plein de charmes...
Sur le chemin, on croise beaucoup moins de véhicules motorisés, que de gens à vélo (trés souvent à deux ou trois dessus) de charrues tractées par des boeufs, de cavaliers à cheval, souvent coiffés de beaux chapeaux blancs, style cow-boy et quasi toujours une machette à la main ou dans son fourreau.
Les conditions de vie sont très simples. Il y a peu d'eau courante, les gens puisent l´eau de leurs puits qu'il y a devant presque chaque maison. On retrouve les toilettes comme il y en avait beaucoup au Pérou ou en Bolivie, dans des cabanes de toile ou de métal, au dessus d'un trou. Il y a aussi beaucoup de chèvres, de cochons et de poules en liberté sur les bords de la route et dans les maisons.
Les gens sont très avenants. Presque tous nous saluent à notre passage, agitant la main ou par un "adios!" (aurevoir), "que les vaya bien!" (Portez vous bien!), "que dios les acompaña!" (Que Dieu vous accompagne!) ou un cri de joie "Hey!" et comme d'habitude, beaucoup de "gringo!", "Hello baby!","yes my friend!", contents et morts de rire de crier les quelques mots d´anglais qu´ils savent à des gringos que nous sommes selon eux...
  A Chacocente, on apporte les dernières touches à la création du spectacle, qu'on a présenté aux militaires, ravis. Départ épique de la réserve, sous un cagnard de plomb, sur un chemin de boue bien grasse (après une bonne pluie tropicale), collant entre les roues et les gardes boue, à ne plus pouvoir rouler. Il faut pousser , voir porter le vélo. Le tout avec un bon relief, sans croiser âme qui vive et donc une étape sans ravitaillement en eau et nourriture.
En fin d'après-midi, quand ça commence à devenir vraiment dur, on retrouve enfin l'asphalte (il y a des fois on le bénit quand même!) et des habitations pour se faire un festin de petits biscuits et de deux assiettes de "gallo pinto" (riz- "frijoles":haricots rouges, le plat typique de base dans toute l'Amérique centrale), offert par de gentilles familles.

P5171356[1] Arrivée à Buena vista, charmant petit village où l´on s'arrête manger des mangues (comme ça nous arrive très très souvent!). C´est là qu'arrive comme une fleur, la joyeuse Margarita qui nous ramène un dulce de Manguos (genre de confiture), cuite avec le noyau dans du miel et de la cannelle... un vrai délice! Et pour l'accompagner, elle nous offre une grosse carafe bien fraîche de Pinol, une boisson typique à base de maïs toasté... riquisimo!
Bien amadoués, on décide de rester dormir sur le terrain de l´"église" que sa famille a généreusement offert pour sa construction.. Margarita vit avec sa mère Tiodora de 73 ans et sa grande tante Rosa de 90 ans. Elle a 2 frères et 9 soeurs. Ces femmes m'ont impressionné par leur force, leur douceur et leur beauté. Dans leurs yeux transpire la sagesse et la bonté.Quel bonheur de leur donner la main, de leur faire un abrazo (accolade), de recevoir leur bénédiction. Avec elles, on apprend à faire des tortillas... pâte moulue au moulin, puis pétrie avec une pierre ovale sur une autre pierre plate, et cuite au feu de bois sur une plaque de fonte courbe.

 

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  Le lendemain matin, nous avons présenté notre nouveau spectacle à la petite école du village, où ils fêtaient la fête des grands mères et des mères. Ce fut un très beau moment. Nous avons dansé, écouté des chants, regardé des danses traditionnelles et les mamies danser les yeux bandés avec un bâton qu'elles agitaient dans l´air avec conviction pour tenter de faire tomber la piñata (un paquet en papier maché, suspendu à une corde que l'on fait bouger et à l'intérieur duquel se cachent des friandises), et se jeter ensuite par terre comme des enfants pour ramasser le butin de bonbons!
 Notre dernière étape avant de passer en Honduras et de nous séparer avec nostalgie de notre frère hollandais... la joyeuse ville de Leon. Nous cherchons une école pour présenter le spectacle en échange de deux nuits d´hébergement. La petite école que l'on trouve est très mignonne. Doña Dora Marcelina, la gardienne qui vit avec ses deux filles nous accueille avec grand coeur. Elles sont très chrétiennes (comme la plupart des gens en Amérique centrale), et ne sortent jamais à ce quelles disent, ce qui fait de l'échange un moment très riche pour chacun.
Au revoir émouvant avec Daniel qui souhaite faire une boucle plus longue au Nicaragua, et derniére ligne droite pour le Honduras.

 

 

Honduras

 

Nous ne verrons que la côte pacifique du Honduras, juste 100km, juste un aperçu avant de passer au Salvador. Mais dans ce pays espace de terre que nous traversons, un concentré de bonnes choses va nous arriver, qui fera que nous P5241410nous y attarderons 4 jours au lieu de 2 prévus à la base. Le premier jour nous arrivons à la ville de Choluteca. Chacun se trouve un feu rouge pour jongler et gagner le pain du soir. Ici, la monnaie n'est pas très forte, il n'y a pas beaucoup de pièces qui circulent et c'est ainsi que nous nous retrouvons avec des grosses liasses de billets en poches après quelques heures. Et va venir à nous une chose qui a bien plus de valeur que n'importe quelle liasse de billets. Une famille au coeur grand comme ça! Frances (la mère), María José (10 ans), Clarisa  (13 ans), MaríaJosefin a (9 ans), et Diego (15 ans) débarquent tous à vélo au feu où jonglent Sybille et Fourmie. -"Vous parlez espagnol? - si si ! -D'où venez vous? - De France. - Ça vous dirait de venir à la maison ? On a un restaurant dans la ville coloniale... Vous pourriez boire ou manger quelque chose et puis si vous vous sentez bien vous resterez à la maison, les enfants seraient ravis !" C'est ainsi qu'on se retrouve catapulté, pour notre plus grand bonheur, dans une maison gigantesque. On passe la soirée à jouer avec les enfants, à discuter avec les parents et à gouter les spécialités de leur restaurant. Le lendemain nous sommes invités à découvrir leur école et à y jouer notre spectacle. C'est une école Montessori. Ici, les élèves jusqu' à 6 ans ne sont pas séparés par classe. Ils sont tous ensemble dans une salle équipé de matériel "Montessori". La curiosité de l'enfant est la base de leur apprentissage. Le professeur possède un rôle de médiateur et chaque élève peut enseigner ce qu'il sait à son camarade et ainsi apprendre encore plus. Après avoir joué notre spectacle devant un public en folie, les élèves nous présentent leur spectacle de danse où toute l'école participe. Nous mangeons avec eux à la cantine et restons encore 2 heures à partager ensemble. Au moment de partir, les professeurs et élèves lèvent les mains au ciel et prient pour que tout le meilleur nous arrive lors de notre voyage. Et pour s'en assurer, notre famille adorée va nous accompagner en vélo jusqu'à la prochaine ville où nous passerons la nuit dans la maison des grands parents absents. Avec tant de bonheur accumulé dans ce pays, c'est tout légers qu'on entre au Salvador.

 

 

Salvador

 

 A Ursulutan, nous retrouvons enfin notre compagnon de route argentin Titan. Il était resté un peu plus de temps avec Carlos, notre colombien préféré, au Panama et Costa Rica, ne pouvant résister à la tentation de se frotter aux spots d'escalade environnants. Carlos lui, en tant que colombien, ne pouvait obtenir le visa du Costa Rica à la frontière. Après avoir roulé quelques jours avec la peur de se faire arrêter par la police en tant qu'illégal dans le pays, il a préféré se diriger vers le Brésil pour rejoindre nos autres compères à vélo, Bessa et Tuity.

DSC02045C'est donc à 7 que nous passons 2 jours à Ursulutan, chez les pompiers à répéter le spectacle. On le présente devant la caserne hilare et une poignée de passants interloqués. Après quelques minutes, un des passants vient nous voir, pour nous proposer de jouer le soir même dans le chapiteau de cirque installé à côté de la caserne. Deux heures plus tard, après une organisation expéditive on se retrouve chacun à son tour propulsé sur la piste aux étoiles. La pression est à son comble pour nous. Alors que je me change dans la caravane, on vient me chercher pour me dire: "c'est déjà commencé, les filles finissent de danser et c'est à toi.  - Hin...? Quoi...? Maintenant...?" Je me dirrige vers les coulisses, les filles sortent, la musique tonitruhante s'arrête, silence, je passe ma tête par le rideau, glupps, il faut que j'y aille. Mon clown prend ma place et c'est parti. La voix de Monsieur Loyal est présente tout au long du show pour combler les baisses de régime, donner de l'intensité à certains moments, nous porter et nous animer pour y croire. Ce fut une expérience unique et très intense malgré sa brièveté. Et ça a aussi été la rencontre de deux écoles de cirque bien différentes.

 Le Salvador ça a été le pays le plus chaud d'Amérique centrale, pas seulement à cause du soleil brulant mais aussi à cause de la violence qui règne ici. En effet, après avoir connu une guerre civile de près de 30 ans entre le gouvernement formé en grande partie de militaires à la botte de grandes familles issues de l'oligarchie de propriétaires terriens coloniaux ou nord américains et des mouvements populaires (accords de paix :1993) le désir de paix des habitants n'est toujours pas comblé. Des gangs, animés par des intentions populaires à la base, se livrent aujourd'hui à des baggares sanglantes. Nous avons été mis face à cette réalité lors d'une fin d'après midi en cherchant un lieu pour dormir. Dans un petit village, nous demandons à une petite fille qui nous dépasse à vélo, s'il est possible de camper près du ruisseau. Elle nous répond que c'est dangereux car il vient d'être réglé un "petit problème". En arrivant au niveau du pont, il s'avère que le "petit problème" c'est un homme affalé par terre depuis une heure avec un trou dans la tête. Il a voulu ne plus faire parti d'un gang et en a subi les concéquences.

 La plus part des gens qui entrent dans les gangs aujourd'hui sont, d'après les dires, des jeunes qui se sont rendu auxP6031508 Etats-Unis illégalement pour travailler, qui se sont fait expulser, et qui démotivés devant le peu d'argent qui se gagne au Salvador se sont tournés vers les gangs pour assouvir leur soif d'argent. Cette violence ne se passe qu'entre les gens des gangs, nous n'avons jamais rien eu à craindre, et tous les gens que nous avons rencontré étaient toujours attentionnés envers nous. Comme cette famille que nous avons rencontrée en quittant la ville de  Zacatecoluca. Ils nous alpaguent gentiment alors que nous sommes arrêtés en face d'une église où ils fêtent la Vierge Fatima. Nous sommes invités à boire un chocolat et manger un bout ensemble puis ils nous ouvrent la porte de leur foyer pour passer la nuit. Tout le quartier est devant sa porte, intrigué par ces voyageurs venus se perdre par ici. Pendant ce temps là nous trouvons la paix et la sérénité dans ce foyer en apprenant des jeux de société avec les enfants et en écoutant des chants religieux inspirés avec les plus grands. Et puis il y a toujours les rires des enfants pour nous rendre le coeur léger dans les écoles où nous passons faire notre spectacle. Depuis peu c'est avec une bombe de peinture que nous laissons une trace picturale dans les écoles en y posant notre signature.

 

 

 

Guatemala

 

 Dès l'entrée au Guatemala c'est une nature très impressionnante qui nous acceuille. Il y a des arbres gigantesques P6211720sur le bord de la route, des amatés perchés à 15 mètres de haut dont les racines se baladent sur un pan rocheux jusqu'à atteindre le sol et une jungle bouillonnante de sons d'insectes, grenouilles et oiseaux mystérieux. Les habits traditionnels ont autant de couleurs que les oiseaux. Ils sont portés par les hommes comme par les femmes. Sur leur tête, les femmes portent souvent de grosses charges ainsi qu'un bébé dans le dos et un magnifique sourire dont la moitié des dents sont en argent. Il y a comme un air de Bolivie dans ce beau pays!

 Après la chaleur étouffante du Salvador, on se dirrige avec alégresse vers la fraicheur des montagnes et plus particulièrement vers la ville d'Antigua Guatemala. Ancienne capitale, ville coloniale aux pavés et vieilles maisons peintes aux couleurs provencales. Là, nous avons rendez-vous avec Lou, une française que nous avons rencontré sur le bateau entre la Colombie et le Panama. Nous passerons quelsques jours dans sa maison, à se sentir comme chez nous, profitant de ce confort inhabituel entre grosses bouffes et concerts de salsa ou cumbia. Cette ville dédiée au tourisme et aux riches guatémaltèques c'est un peu comme un petit DisneyWorld dans le Guatemala, "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil". En passant quelques heures à la capitale toute proche pour gagner quelques Quetzals (monnaie nationnale) en jonglant au feu rouge une toute autre réalité du Guatemala nous apparaît. Beaucoup de pauvreté et de violence avec des voitures qui se font braquer arme au poing en plein jour. Mais aussi de belles amitiés comme avec le groupe de Gypsy Cumbia "Calimosho" avec qui nous passerons plusieurs jours à rire et partager de la musique.

 

 DSC02114Puis, asphyxiés par l'atmosphère pesante de la ville, nous allons nous frotter à la magie des ruines maya de Tical. Les ruines n'étant pas du tout sur notre route nous nous y rendons en stop, à l'arrière d'un pick-up ou d'un camion, le vent dans les cheveux et le paysage qui défile beaucoup plus vite que d'habitude. A notre arrivée sur le site, un gardien nous prend à parti et nous propose de nous faire rentrer, pour moins cher que l'entrée officielle,  tout en pouvant  passer la nuit sur le site. "Tous les gardiens sont au courant, c'est un bizness que nous avons mis tous en place car le gouvernement a augmenté le prix des billets d'entrée pour mieux payer le personnel mais nous n'avons jamais vu cet argent. Et ça permet à quelques touristes de pouvoir réellement ressentir la forte énergie qui se dégage en ce lieu." Hésitants, on finit par accepter et un gardien amoureux de cet endroit, nous fait partager son savoir tout en nous guidant à travers les ruines. Le site de Tical est une réserve naturelle, et les pyramides sont perdues au milieu de kilomètres carrés d'arbres gigantesques où se nichent singes et oiseaux aus couleurs hallucinantes. Nous allons sur la plus haute pyramide pour admirer le coucher de soleil et se faire bercer par le chant de cette jungle imposante d'où emerge, perdus dans cette immensité, le dernier étage de certains édifices. Puis le soleil laisse sa place à la pleine lune, qui va ouvrir pour les privilégiés que nous sommes, les portes d'un site maya qui devient pure magie sous cette pâle lumière. L'imagination, qui s'emballe dans cette athmosphère nocturne, fait parfois revivre les anciens habitants de cette ville, disparus on ne sait comment.

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Les mayas étaient des astronomes et mathématiciens d'exeption. Le calendrier, basé sur l'observation du soleil, de la lune et des étoiles, est plus précis que notre calendrier grégorien. Ils pouvaient prédire très précisément la venue d'une éclipse des centaines d'années plus tard et envisageaient le temps en cycles, qui pour les plus grands, sont basés sur des milliers et milliers d'années. Ça fout le vertige et c'est dans cet état là qu'on déambule au milieu de ces ruines fantômatiques. Puis, au milieu de cette nuit épaisse, un singe hurleur vient rompre le silence dans lequel nous flottions. Un autre lui répond, puis un autre... ils ont l'air d'être à des kilomètres de là. Le vertige s'empare alors complètement de nos corps, on se sent minuscules au beau milieu de cette jungle épaisse et encore plus minuscules face à la course infinie des étoiles que les mayas observaient. Mais quel meilleur moment que maintenant, quel meilleur endroit qu'ici quand le monde qui nous entourre devient pur fantasme et la réalité un rêve où il est bon de ce sentir flotter au sein de l'Infini. DSC02320

Le monde des rêves, nous allons le rejoindre en allant dormir au sommet de la plus vieille pyramide appellée "elDSC02306 mundo perdido". Là haut, une plateforme a été érigée pour avoir une vue à 360 degrés et observer la voute celeste afin d'apprendre ce qu'elle peut nous dévoiler. Le chant de la lune nous apporte le sommeil et c'est le soleil transperçant la brume matinale qui va nous réveiller. A cette heure là, cette pyramide est aussi parfaite pour observer le va et vient des nombreux oiseaux exotiques.

 P6241763

 L'aventure au monde maya terminée, nous nous dirrigeons vers le lac Atitlan. C'est sur les berges de ce lac entouré de volcans que Cyrilo, Arthur et Titan nous ont attendus en pratiquant toujours plus cette chère Cumbia colombienne. Là nous rencontrons d'autres musiciens et quelles que personnes qui nous en apprennent pas mal sur la culture maya.

Une semaine plus tard nous sommes déjà à la frontière mexicaine. Des journalistes nous suivent jusque là et nous passons une heure à être interviewvés. Il parraît même qu'on est passé à la télé nationale. Une trace de plus de notre passage en Amérique centrale, elle qui a laissé tant de traces en moi.

 

 

Nous sommes maintenant au Mexique. L'Amérique centrale résonne encore dans mon coeur...

Par Yann
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Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 16:48

 

Kuna Yala

... Kuna Yala ...


 

Ketzal

... Ketzal ...

 

 

ZarmaFamily

... Zarma Family ...


Un petit message au passage pour vous inviter au salon du vélo Viva Vélo!  à Cesson (77) ce samedi 21 mai. A voir: plein de vélos plus fous les uns que les autres, des conférences, des débats, une vidéo conférence avec la Zarma Family en direct du Nicaragua (grâce à la magie d'internet), des super T-shirts avec le dessin ci-dessus dans le dos et plein de gens à rencontrer. Pour que vive le vélo...

 

Par Yann
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Mardi 3 mai 2011 2 03 /05 /Mai /2011 10:24

Panama 4768Le départ de Colombie a vraiment été dur. On s'est tous tellement pattachés à ce pays que dans les rues de Turbo (port d'où nous partons), lorsque les gens nous demandaient de leur jouer un morceau, c'est avec la boule au ventre et les yeux tout humides, que nous leur interprétons le morceau "Colombia tierra querida". Cette chanson va d'ailleurs nous trotter dans la tête un bon moment par la suite. D'autant plus dur a été le départ que deux de nos compères, que j'appellerais plutôt des frères tellement cette aventure nous a liés, durent rester sur le quai. Sans passeport, Bessa et Tuity, ne pourront pas continuer l'aventure plus au nord. Barba et David ayant pris aussi un autre chemin au niveau de Medellin, c'est à 8 que nous entrerons en Amérique centrale. Notre aventure est maintenant "seulement" franco-argento-colombienne.

  C'est tous entassés avec nos vélos dans une barque à moteur, que nous atteindrons la frontière panaméenne et cette région des caraïbes appelée Kuna Yala. Notre première journée en ces terres fut plutôt étrange. Les indiens qui vivent ici s'appellent les "Kunas".Panama 4794 Ici, à Puerto Baldia, ville frontière, bloqués sur leur km carré de terre, peut être pour parer à l'ennui, ils feront une affaire d'état de chaque événement. En nous baladant torse nu dans les rues sous une chaleur accablante, nous nous ferons harceler pour mettre un T-shirt (nous apprendrons plus tard qu'ils ont voté une loi pour obliger le port du T-shirt...?!) et recevrons des menaces de se retrouver en prison pour avoir cueilli des noix de coco. Dans l'incompréhension devant tant de violence, on a fini par se demander " mais pourquoi sont ils aussi méchant ces "ïspices di counasses"? ".DSC01124

Nous finissons par trouver un bateau pour nous mener à la première route qui traverse la jungle du Darien, afin de pouvoir rouler sur cette mystérieuse Amérique centrale. Mais il se trouve que ce bateau, le "Don Luis", est en fait "une galère"... mais sans rames. Des problèmes de moteur feront que nous mettrons 15 jours pour effectuer la traversée au lieu de 8. Nous resterons parfois bloqués 3 jours au même port. Voyageant à vélo, nous sommes habitués à ne dépendre de rien ni de personne pour avancer, et cette situation va jouer sur les nerfs de chacun de nous au fur et a mesure. Mais d'un autre coté, nous avons eu le temps de découvrir la culture des Kunas et de se faire une autre idée de l'impression que nous a laissé Puerto Baldia.

Panama 4814  Dans l'archipel de San Blas il y a environ 365 îles dont 30 sont habitées. Les Kunas ne vivent pas sur les terres, toutes proches, du continent car elles sont infestées de moustiques et de bêtes sauvages. Ils vivent encore grandement de manière traditionnelle. Les murs de leurs maisons sont faits de branches de canne à sucre et les toits en feuilles de bananier, le tout relié par des cordelettes. Il n'y a qu'une pièce et souvent pas d'électricité. Pour subvenir à leurs besoins ils vont au petit matin en pirogue sur les terres fertiles du continent pour pratiquer l'agriculture de la coco et profitent du tourisme pour vendre leur artisanat (comme les ¨molas¨: patchwork de tissus très élaborés). Ils emmènent aussi les touristes fortunés sur les îles paradisiaques des caraïbes. Les femmes portent le costume traditionnel chamarré. Lorsqu'elles se marient elles se coupent les cheveux et portent un châle rouge et jaune. Leurs bras et leurs jambes sont couverts de perles aux couleurs vives et elles portent un piercing en or dans le nez, de plus en plus gros avec l'âge, si bien que le nez des plus âgées s'en trouve très allongé.  

Panama 4844Au début du 20ème siècle, lors de l'indépendance du Panama, les peuples indigènes ont subi de nombreux affronts de la police coloniale. DSC01107Les Kunas ont à cette époque pris les armes (fournies par les Etats Unis qui s'y mêlent) et attaqué les places fortes de la police présente sur les îles. Suite à de nombreux affrontements, ils exercent maintenant, et depuis 1925, leur propre souveraineté. Pour les prises de décisions, ils organisent des conseils, auxquels nous avons pu assister (sans rien y comprendre puisqu'ils discutent dans leur langue), le matin pour les hommes et le soir pour les femmes. Les choses sont discutées parfois pendant plusieurs semaines. Un bel exemple de démocratie! Malheureusement, l'heure du conseil semble parfois rimer avec l'heure de la sieste, car la moitié des hommes dormaient dans l'enceinte du conseil lorsque nous y avons assisté. Un homme a d'ailleurs la tâche de crier de temps en temps pour que tout le monde se réveille.  

   

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DSC01148 Après tant de jours à voguer sur les caraïbes, nous arrivons à Carti, première ville du continent dotée d'une route qui traverse la jungle du Darien. Des montées hallucinantes! Seuls les 4x4 peuvent venir à bout de ces côtes à plus de 45 degrés. Et avec nos vélos tout rouillés par l'air de la mer et nos mollets tout ramollis par tant de farniente on va se prendre une sacrée dérouillée. Obligés de pousser les vélos sur des kilomètres et dans ces conditions, 30kms dans la journée c'est déjà un exploit! Mais ça ne nous a pas empêchés de profiter de la symphonie créée par les nombreux oiseaux et singes hurleurs de cette jungle bouillonnante.  DSC01133


DSC01424 Après quelques jours nous arrivons à la capitale où se dressent devant nous des buildings plus impressionnants les uns que les autres. Nous nous logeons pendant une semaine dans un quartier cosmopolite au possible. Les immeubles les plus modernes sont voisins de ruines et de maisons rafistolées avec des planches de bois cloutées. Tout ceci car quelques propriétaires détiennent tout le quartier et ne veulent pas tout rénover maintenant, préférant jouer avec le cours de la bourse. Ainsi se côtoient ici de riches américains en 4x4 et de très pauvres familles qui squattent les lieux tant qu'elles le peuvent.

 

La suite du voyage dans ce pays se déroulera sur la seule route qui traverse le pays du sud au nord, la panaméricaine. Nous ne croiserons donc pas de petits villages en chemin et nous retrouverons très vite au Costa Rica pour fêter mes 25 ans, et 21000 kilomètres au compteur, entre musique et grosse bouffe.

 

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Par Yann
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Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 19:01

En Colombie nous serons passé une première fois en stop et en bus (en ayant laissé nos vélos à Quito) pour rejoindre ma petite famille à Bogota pour les vacances de noël. Nous Un peu de sport pour Janavons passé 3 jours dans le centre de cette capitale aux murs peinturlurés pour y découvrir une culture très riche. Puis direction Carthagène, sur la côte caraïbe. Ville très touristique, surtout en cette saison. Pendant un moment en voyant cette plage envahi par les buildings, j'ai cru atterrir à Miami. Mais une musique tout droit venu d'Afrique m'a prouvé le contraire. Sur la côte colombienne,  il y a beaucoup de descendants d'esclaves, et je dois dire que j'ai été très surpris de voir à quel point leur culture africaine est restée vivante aussi bien au niveau de la musique que de la danse. Je me revoyais replongé au Sénégal. Après dix jours qui passèrent très vite, c'est déjà l'heure des au revoirs avec la famille, pour retourner en Equateur et se préparer à un nouveau voyage en Colombie bien différent.           

 

  De retour à Quito, dans la maison du bonheur ou nous avons déjà passé plus d'une semaine, nous retrouvons nos amis argentins et brésilien ainsi qu'un chilien rencontré sur la route. Voyageurs eux aussi, ils gagnent leur pain en jonglant et en faisant les clowns au feu rouge. Pratique très répandue en Amérique du Sud. Le feeling est très vite passé entre nous et, étant dotés d'un esprit clownesque ouvert à toute nouvelle aventure, ils se sont très vite animés pour se joindre a nous.DSC00710  

 - Mais sans argent comment se procurer des vélos, des sacoches, et subvenir aux besoins du voyage?

 - Ce n'est pas l'argent qui arrête ceux qui croient en leurs rêves et qui ont appris à faire avec ceux qu'ils ont.

Pour les vélos ils ont frappés à toutes les portes pour récupérer des pièces détachées destinées à rouiller dans un coin et rencontrés des mécaniciens dévoués. Pour les sacoches: des bidons en plastique, du fil de fer et des restes de sac à dos cousus entre eux. Et pour le reste, ¨Vamos adelente¨ et on verra ce que nous réserve la route et les rencontres.

Tout ces ¨locos¨ nous rejoignent à Pasto, pas très loin de la frontière colombienne où nous nous sommes rendus précipitamment car notre visa équatorien touchait à sa fin. C'est dans une euphorie débordante, riant, criant, chantant que nous avons pris la route, encouragés par les cris et les klaxons des locaux, vers cette nouvelle aventure. Après une nuit à camper tous ensemble, nous rencontrons le lendemain celui qui sera le douzième apôtre de notre cirque international à roulettes. Il est colombien, parti seul pour voyager à vélo, il va vite se faire embarquer dans le tourbillon qui s'est mis en marche. L'équipe est donc au complet, nous pouvons commencer les présentations:   

DSC00688

 

Andrés, dit Tweety, argentin,

petit clown jongleur survolté.

 Colombie 4695

Besa, le bienveillant,

ambassadeur de la douceur do Brazil.

 Colombie 4678

Lucas, dit Titan, argentin, arts martiaux, escalade...

il fait tout à font, à font, à font...

 Colombie 4688

David Alejandro, chilien,

le saxophoniste attitré.

 Colombie 4682

Luis, dit Barba, argentin, le douillen,

clown, jongleur et peintre.

 DSC01129

Carlos, colombien, le sage,

jongleur à la boule de contacte.

 

 Voyager à 12 c'est une aventure encore bien différente. Un point de rendez-vous est fixé pour l'étape du soir et c'est partit pour une journée pleine de rebondissements. Au fil des évènements: crevaisons, rencontres, invitations... on se recroisent tout au long de la journée. Une mission malgré tout, car c'est pas le tout de pédaler, gagner quelques Pesos pour avoir de quoi cuisiner le soir. Alors sur la route, certains s'arrêtent à la vue d'un restaurant, pour y jouer de la DSC00800musique (et se retrouvent souvent invités à manger par le patron ou un client) pendant que d'autres se postent au feu rouge pour jongler. Nous présentons aussi un spectacle de cirque dans la rue. Grâce aux petits numéros que chacun actue au feu rouge, le show s'est monté très vite. Clown, jonglage, acrobaties, musique et surtout, le plus important, la joie de vivre, une énergie débordante et l'envie de partager. La sauce passe! Les sourires s'affichent sur le visage du public enchanté de voir débarquer chez eux une caravane de clowns nomades aux accents bien différents.

Et nous avons toujours subvenus à nos besoins ainsi, mais ce n'est pas sans compter sur la générosité des colombiens. Le coeur sur la main! Toujours à se faire inviter à boire un café ou manger quelque chose. Comme un soir, où nous étant réunis sur la place de la ville suite à une longue journée de vélo. Doña Carmen, suite à une discussion avec Besa, lui dit: " - Oh bah je vous invite à manger! - Mais Carmen, nous sommes douze. - Ne t'inquiètes pas j'ai l'habitude de cuisiner pour beaucoup de gens... ". Des anges gardiens comme cette dame nous en recroiserons plusieurs. Notamment Irma à Popayan et Pilar à Medellin chez qui nous seront hébergés respectivement pendant une semaine. Et quel bonheur de trouver une famille d'adoption un peu partout!

 

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 Nos montures nous ont parfois menées dans des lieux loin d'être touristiques, où beaucoup de colombiens n'osaient pas se rendre. Des quartiers populaires des villes de Cali, Medellin et Chinchina. Avant de poser le pied en ces lieux, de nombreuse personnes nous avisaient des risques d'agressions mais nous y avons à chaque fois reçu un accueuil extraordinaire. Comme à Siloé, quartier populaire très mal réputé de Cali.  Énormément de vie dans les rues, musique à toute heure, et des habitants animés d'une réelle envie de partager avec ces étrangers qu'on attendait pas arriver ici. David, travailleur social, nous y a accueillis dans son centre culturel. Ici, cours de danse (salsa, hip hop, danse traditionnelle...), de peinture, orchestre symphonique (preuve que la musique n'a pas de frontière), salle multimédia... Tout fonctionne à merveille car le lieux est géré par les locaux. Pas besoin de se frotter à une lourde administration pour mettre en oeuvre une idée: pendant que nous présentons le spectacle, deux jeunes du quartiers s'animent à peindre un mur du centre d'après un dessin que j'ai réalisé sur le thème de notre voyage. 

 

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  Alors tout va bien dans le meilleur des mondes en Colombie? Et ce qu'on nous dit à la télé alors? Les enlèvements, le trafic de drogue? Nous n'avons jamais eu aucun soucis, mais il est vrai qu'au nord du pays, en empruntant une route où la guérilla est présente, nous avons vu des restes de bus cramés de la veille. La télé a beau nous relater les méfaits des FARC, jamais nous n'apprenons quelles sont leurs revendications. Et il est bien dur d'apprendre DSC00952quelque chose sur la situation du pays en interrogeant les gens. Les conflits sont tellement anciens et entremêlés... J'ai tout de même appris que les FARC étaient à la base un parti politique de gauche. Leurs représentants, lorsqu'ils se sont présentés aux élections se sont fait assassinés. Pour cela, la guérilla est aujourd'hui leur moyen d'action. D'un autre côté, il y a les paramilitaires. Armée privée qui défend les avantages des multinationales. En discutant avec les gens, nous apprendrons bien souvent qu'ils ont un proche, ami ou de la famille, qui est mort ou qui a disparu suite aux actes de la guérilla ou des paramilitaires. Le peuple a été pris en otage entre les intérêts politiques.

La situation est aujourd'hui bien plus calme qu'il y a dix ans mais il est certain que les colombiens ont beaucoup souffert. Souvent nous avons pensé à ce dicton, "c'est quand on a souffert que l'on approche de la sagesse". Sur ces terres nous avons pris une grande leçon d'humanité. Guidés par nos vélos,  nous avons avancé au rythme du coeur des gens, bercés par la musique, omniprésente ici (¡même lorsqu'ils parlent ça chante!). Et un rythme colombien appelé Cumbia, basé sur la cadence du coeur, résonne encore dans nos têtes.

 

       

 

Un petit exemple en musique

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En espérant qu'un jour cette musique pleine d'amour face s'estomper le chant des mitraillettes. Et que l'on apprenne enfin que sur cette terre métissée, où les gens s'appellent entre eux "vesino" (voisin) ou "hermano" (frère) on rencontre beaucoup plus de respect et d'amour que de haine. 

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Par Yann
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Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 19:24

 

Machu Pichu

... Le Machu Pichu et ses trois mondes ...


Tungurawa 

... 5h30 du matin, ascension du volcan Tungurawa ...

 

Selva

... Selva ...


 

Quito

... Passage à Quito ...

Par Yann
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