Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 12:42

  Hola mis carnales... euh... hi everybody... euh non... nirahôô... euh... ha... je sais plus trop comment vous saluer. Depuis que j'ai écrit sur ce blog la dernière fois, on a avalé beaucoup de kilomètres et on est passé par des pays aux coutumes et aux langues bien différentes. Pour vous ressituer un peu, la dernière fois je vous ai laissé à Querretaro, au Mexique. Et depuis ce jour nous avons entamé une course contre la montre pour arriver à temps à San Francisco et monter sur le bateau en direction de Hong-Kong. 70 kilomètres par jour, tous les jours, pendant deux mois. Juste quelques rares jours de pause dans le désert de San Louis Potossy, à se laisser ensorceler par ce lieu et à profiter de nos derniers jours avec nos compagnons de route; j'ai nommé, notre pelotuda préférée Penny et notre boludo attitré Titan. Après ça, on a traversé les vertes montagnes de Durango et remonté toute la côte à partir de Mazatlan, en passant par le désert de Sonora, pour arriver à Mexicali, la ville frontière.

 

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  Dernier jour à Mexico "cabron", demain on passe "del otro lado" (de l'autre côté) comme ils disent ici. "on the road again... et sur la West Coast mannn... ça va être comme dans les films!". Et c'est vrai que c'est comme dans les films! Ici, la vie c'est en 16/9ème... les rues sont comme des routes à trois voies, les camping-car aussi PB112797grand que des bus et les centres commerciaux sont étendus comme quatres villes. Ce qui change c'est qu'il n'y a pas les sous-titres. Et comme la plupart des gens ont tendance à manger la moitié des mots avant de les prononcer, au début on est un peu perdus. Mais comme on est en Californie, et que c'est quand même encore un peu le Mexique, on a le droit à une question secrète: "Hablas espanol?". Et la plupart du temps ça marche! Mais contrairement au Mexique, ici on ne peut pas faire du jonglage au feu rouge pour gagner quelques dollars et la plupart des restaurants sont des grandes chaînes alors dès qu'on a aperçu un restau mexicain, on s'est dit "ici on sera bien reçu". On a foncé dedans comme des vautours, joué notre traditionnelle Cuuuumbiaaaa, partagé un moment festif et on est ressorti avec 20 dollars, le sourire aux lèvres, en se disant qu'il y avait finalement peut être moyen qu'on gagne notre pain aux Etats-Unis aussi. C'est qu'on ne savait pas qu'aux States, quand on sait se vendre on peut gagner bien plus que du pain! On s'en est rendu compte à Palm Spring, ville où toutes les plus grandes fortunes américaines ont une maison. Ils étaient tous trop croc des petits français qui voyagent à vélo et de leur musique exotique d'Amérique latine. C'était la tournée des restaux... les poches pleines à craquer de dollars et la panse remplie des meilleurs plats de la région!

 Bien qu'on ait des dollars qui brillent dans les yeux, PB112770on préfère toujours le camping sauvage aux luxueux hôtels (dans la nature on dort sous un ciel aux milliers d'étoiles, dans un hôtel il n'y a que 5 étoiles maximum!). Alors après notre Jackpot, nous sommes allé trouver un petit coin dans le désert à la sortie de la ville. C'était un peu près de la route mais la nuit est arrivée très vite et on avait plus trop le choix. "Tiens, il y a plein de cartouches de fusils sur le sol, il y a des gens qui doivent s'entraîner à tirer ici. Mais la nuit on devrait pas être embêtés". Comme il fait un peu frisquet en automne par ici on a mis un buisson bien sec au feu. Et ça a fait des très grosses flammes tout de suite. Du coup on était plus trop discrets. Une voiture s'est ramenée. C'était des mecs qui venaient s'entraîner à tirer, de nuit on voyait pas trop l'intérêt qu'ils pouvaient y trouver mais on a pas trop cherché à insister. Puis une ribambelle de non pas 3, ni 4 mais bien 5 camions de pompiers est passée accompagnée par d'autres voitures. En rigolant on s'est dit "tient, c'est pour nous...". Et puis ils ont fait demi-tour, "bah ouais c'est bien pour nous...". C'est la première fois qu'on nous éteint notre feu de camp à la lance à incendie. En fait c'est juste pas possible de faire de feu dans la nature aux Etats-Unis. Du coup pour la bouffe de ce soir c'est raté.

 

  On se rend compte aussi que pour trouver un endroit pour dormir chaque nuit ça risque d'être compliqué. Les pompiers ne peuvent plus nous acceuillir chez eux comme au Mexique et trouver un endroit dans la nature où se cacher pour faire un feu s'avère difficile vu que la plupart des terrains sont privés. Alors on s'est souvent retrouvés à demander l'hospitalité chez les gens. A Palm Desert par exemple, quartier résidentiel très très huppé, on a tenté notre chance. Lorsqu'on a frappé à la première maison, un couple a ouvert et leurs visages se sont décomposés à la vue de notre allure qui dénotait quelque peu des normes du quartier. Pour rester polis et ne pas perdre la face ils nous ont juste répondu "c'est vraiment pas le bon jour, désolé". On ne s'est pas découragés pour autant (en même temps on n'avait pas trop le choix) et on a continué à frapper aux maisons, en choisissant les plus belles. Lorsque Jerry nous a ouvert, son visage est resté neutre. "- On voyage à vélo et on cherche un endroit pour dormir, on peut camper dans votre jardin? - Non... ce que vous pouvez faire c'est plutôt dormir chez moi, j'ai des invités ce soir mais il n'y a pas de soucis. -Woowww... (je dois bien avoué qu'on a été un peu surpris qu'il nous réponde sans aucune hésitation) mais on est 7". Sans sourciller pour autant il nous a juste répondu PB102756qu'il devrait y avoir de la place et qu'on pouvait garer nos vélos à côté de la piscine. Et là il nous a sorti le grand jeu, le gros barbecue américain à gaz, les grosses patates américaines gorgées de fromage et recouverte de bouillon de poulet. Sa spécialité! Tant de simplicité chez cet homme, toujours à poser sa main sur l'épaule de l'un de nous en nous disant à tous "enjoy the moment... relax". C'était d'ailleurs un dicton qui était imprimé au dos de sa chemise. Des gens comme Jerry qui, émus par notre aventure à vélo, ont cherché au maximum à nous aider, on en a croisé pas mal au final. Et je dois dire que c'est un côté des USA auquel je m'attendais pas trop.

 Mais on a aussi découvert le côté sombre des USA. Pas mal de personnes sont aussi animées par la peur et la psychose et préfèrent souvent appeler la police plutôt que discuter quand quelque chose les interpellent. On en a fait l'expérience au nord de Beakersfield. On avait loué un camion pour y mettre nos vélos et 5 louloux en guise de chargement afin de se rendre à Oakland en temps et en heure avant le départ du bateau. Consigne: à l'arrière, pas de bruit lors des arrêt. On avait vraiment tous pas envie d'entendre la sentence du shérif si il découvrait nos 5 clandestins. Lors de la première pause, tout le monde descend pour aller faire des courses. Une fois tout le monde remonté dans le camion, au moment où j'allais m'asseoir pour démarrer, la voiture du shérif débarque. Ma respiration s'est accélérée et mes muscles se sont mis à trembler. OK... c'est le moment de la jouer détendu. Avec un grand sourire j'accueille le shérif qui m'annonce que je suis garé sur une place privée et que le propriétaire de cette place (la maison d'à côté) l'a appelé parce qu’il trouvait que le chargement du camion était suspect. Pendant qu'il contrôle les papiers du véhicule on discute de la pluie et du beau temps avec tant d'affairement qu'il en oublie de contrôler ce qu'il y a à l'arrière et me dit "bonne journée sir". Pffiiiiuuuuu.... On the road again!!!......

 On arrive a San Francisco à temps pour voir ce qu'est la fureur du samedi soir dans cette ville mythique391951 10150418773501837 523671836 8870649 1286565877 n. Dans les couloirs du métro on joue de la musique avec des musiciens qui touchent pas mal leur bille! Et ils viennent de partout... du ragtime de la New Orléans, du Folk Rock Campesino du Canada, de la Soul Music de la West Coast... Et avec le mouvement d'occupation "We're the 99%" qui règne ici il y a une ébullition d’énergie créatrice qui règne dans l'air... de la folie! Et c'était encore plus flagrant à Oakland où Coco, notre premier contact couch-surfing, nous a acceulli dans sa coloc. Chez elle on s'est senti comme chez nous (parcequ'en même temps elle est un peu comme nous) et on a passé nos dernier jours sur ce bon vieux continent dans une ambiance familiale. Bien content d'ailleurs de savoir qu'on a laissé notre compère Marianna entre de bonnes mains. Voilà, apres il a fallu dire adieu, adieu à Marianna, à Coco, à l'Amérique et a tous les copains... adieux mais pas à jamais. On aurait bien voulu montrer le bateau à Marianna, mais le monsieur du port a pas voulu... elle a du rester à l'entrée du port. Nous on est monté sur notre luxueux navire de trois cent mètres de long. On a été se coucher, bien nostalgique, en regardant vers l'ouest un peu quand même, et en pensant à ce cheese cake qu'on avait dit qu'on mangerait et qu'on a pas mangé, alors que c'était un pari... et puis le téléphone a sonné "- You have some visitors... - Visitors???" Et oui, apres une mission commando dans le port d'Oakland, nos deux guerrieres de l'extrême (Marianna et Coco) ont réussi à passer le poste de contrôle sans se faire voir et à sympathiser avec l'un des membres de l'équipage afin de nous apporter un cheese cake qu'on a pu partager tous ensemble, dans un dernier exquis moment!!! Et comme l'Amérique c'est plus qu'un conte de fée, elles avaient même la permission de 2h du mat.

 

Peinture Oakland

... Ma perception d'Oakland ...


 18 jours pour traverser l'océan. C'est un peu le sass de décompression entre l'Amérique et l'Asie! Sur le bateau on était comme des rois, des grandes cabines, un stewart (merci Jowel) à table qui sert de la bonne cuisine, une piscine à l'eau de mer, un sauna, une table de ping-pong, des dvd en veux tu en voila et bien sur le traditionnel Karaoké philippin, mais avec en plus la batterie et la guitare électrique. L'équipage était génial, le capitaine s'est même déguisé en Santa Klaus pour le 6 décembre (en allemagne on fête St Nicolas). Fait insolite, à l'inverse de Phileas Fogg les fuseaux horaires nous ont sucré un jour! Bon, ça a été vu que c'était un lundi... On a pu bichonner nos vélos, grâce à Siriaco, un espagnol, qui nous a mis a disposition son atelier et son esprit pratique. On a aussi pu répéter le spectacle, changer deux, trois trucs, qui nous plaisaient plus et on l'a présenté au crew le dernier soir.

 

Et puis on a débarqué a Hong Kong et là... 乳 房 短 短... 方法以及... 人体也... bah c'est un autre monde... et une autre histoire que je vous conterez un peu plus tard. Tout ce que je peux vous dire c'est que, bien qu'on ait débarqué à l'extrême Est, "on se sentait bien à l'Ouest!"

 

Je suis actuellement en Thailande où je viens de passer une semaine avec ma petite famille (c'est les dingues de la photo ci dessous). Je vous raconte ça aussi au prochaine épisode. En attendant je vous souhaite une bonne fête de fin d'année, une bonne année et tout et tout... Une pensée toute particuliere aux dingues d'en dessous que j'aime!

 

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Par Yann
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Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 02:55

 L'entrée au Mexique c'est d'abord un poste frontière gigantesque avec militaires à l'accueil, des rues très larges où circulent des pick-up énormes, des ribambelles de fast-food... au début j'ai eu peur que ce pays ait perdu toute la richesse qui m'avait séduit en Amérique centrale... qu'il soit devenu un Oncle Sam portant le sombrero et la moustache.

 

 Les premiers coups de pédales au Chiapas vont très vite me montrer le contraire. Au coeur de ces montagnes abruptes, l'impérialisme américain a du mal à se frayer un chemin. Dans l'ombre de ces forêts épaisses, quelques hommes et femmes agissent pour être reconnus, pour pouvoir s'auto déterminer et pour que la culture et la tradition millénaire de leurs ancêtres Maya continue à vivre. Du mouvement zapatiste nous n'aurons vu que des traces. Des peintures sur les murs des écoles des villages relatant l'histoire du mouvement et appelant à continuer la lutte. Des personnes nous racontant comment se passaient les assemblées populaires dans toute la région pour que chacun puisse faire entendre sa voix. Aujourd'hui la lutte continue mais dans l'ombre car comme on dit ici: "pour vivre libres, vivons cachés".

 

Chiapas


Le Mexique est d'abord une terre de mystères au passé très riche.

 

 

Les paysages de forêts tropicales et cascades gigantesques vont faire place, avec l'altitude, à des forêts de pins très similaires à celles que l'on peut voir en France. Après 4 jours d'ascension, nous arrivons à San Cristobal de las Casas, où Lisa, une amie de Lille, nous attend avec son vélo, des chansons à partager et plein de bonne humeur à revendre pour un mois de voyage au sein de la famille zarmalouloux. C'est dans cette ville que nous allons découvrir le "Son Jarocho", musique traditionnelle jouée dans les villages autochtones et métissés de la côte de Veracruz. Ça c'est passé lors d'une soirée à laquelle nous sommes invités, dans une maison de fous de musique et de fête, où le "son jarocho" est joué et dansé chaque semaine.

Les poètes du "son jarocho" sont avant tout des improvisateurs et de nouveaux couplets modernisent sans cesse les chansons traditionnelles. Pour l'histoire, cette musique est née de la rencontre de rythmes africains (arrivés ici lors de la "traite des noirs") et de rythmes espagnols, et notamment andalous, où s'entend aussi l'influence de la culture arabe. Voulant sûrement participer à cette orgie musicale, un âne s'est même invité, ou plutôt le squelette de sa machoire, qui fait une très bonne percussion quand on sait lui faire vibrer les dents au son de cette musique entraînante. 

Un petit voyage pour vos oreilles et une spéciale dédicace à la Lisoute...

 


 

 

Le Mexique c'est aussi une terre de métissage...
On dit ici que les mexicains son comme le "mole" (sauce typique du mexique),
un mélange de cents ingrédients bien étrange mais qui donnent une saveur bien typique et originale.

 

 

 P7272068Il est temps de reprendre la route. Et quelle route! Une descente qui tranche dans le vif de la montagne pour passer tout droit en empruntant un pont gigantesque où l'on se sent voisin des rapaces et des nuages. Puis en entrant dans l'Etat de Oaxaca, ce sont des jours de pluie torrentielle qui nous tombent dessus pour des journées de vélo à la fraîche. On finit par apprendre que 100km plus loin, il y a des inondations, que la route a été détruite, et qu'aucune voiture ne peut passer. Problème... l'autre moitié du groupe, qui a préféré la route côtière à celle des montagnes du Chiapas, est à 300 km devant nous, à Mazunte. Si nous ne pouvons pas passer, nous devrons faire une large boucle par les montagnes pour les rejoindre. Premier obstacle, un fleuve a emporté une partie du pont. Les machines amassent un monticule de terre et nous pouvons passer en portant les vélos. Plus loin, certains champs sont complètement submergés, la route s'est effondrée, un cours d'eau s'est formé et emporte pancartes de signalisations et branches mortes sur son chemin. Des centaines de gens passent à pied, de l'eau jusqu'aux genoux, pour rentrer chez eux sans s'affoler.

Au final ça passe et nous arrivons à Mazunte. Nous y faisons la rencontre de Penny et Marianna, amies mexicaines d'Audrey et nouvelles comparses de l'aventure à vélo. La famille s'agrandi, nous sommes maintenant 10 et la parité est de mise. Sur cette plage touristique, seules des cahutes, sans trop de lumière, sont présentes pour ne pas effrayer les tortues marines qui viennent pondre. Nous faisons la rencontre de voyageurs français, installés ici pour quelque temps, qui jouent dans les nombreux restaurants de la musique balkanique à l'accordéon et à la clarinette. Pour gagner un peu d'argent, et se faire inviter à manger, nous débarquons à 10 dans les restaux pour jouer une "cumbia campesina" endiablée. Et on nous a même invité à jouer une heure durant.

 

 Une autre plage nous appelle, dans l'Etat de Guerrero, la playa Michigan. Nous nous y dirigeons pendant que notre soeur Lisa se redirige vers la France après un mois de pur bonheur. Et nous, nous nous installons sur ce coin de paradis où Cyril a vécu un an et demi (il y a 4 ans) à s'occuper de la protection des tortues marines.

Des levers de soleil rouges flamboyants se reflétant dans la tranquillité de la lagune. Des vagues gigantesques sur lesquelles les pélicans s'amusent à surfer (aller se baigner c'est comme aller au front avec la puissance de ces vagues). Et la nuit, le sourire complice de la lune qui nous accompagne lors de nos marches à la recherche des tortues qui viennent pondre. Les mayas décrivent notre Terre comme une tortue se déplaçant dans l'univers (voir article de Cyrilo sur zarmablog.blogspot.com). Cette image me saute aux yeux lorsque, passant ma main sur la carapace de la tortue en train de pondre, le plancton fluorescent qui s'y est déposé s'illumine pour former une voix lactée

 

Playa Michigan


  Le Mexique c'est aussi des endroits magiques à la vibration bien spéciale.

 

 

 Autre endroit magique, Tepozlan, où nous allons passer un bon moment dans la maison de Juanin, ami de Cyrilo. Les parents de Arthuro et Cyrilo nous y retrouvent et nous passons des journées à crapahuter au beau milieu de ce paysage enchanteur. Cheminées de fées inaccessibles, cascades gigantesques, amatés jaunes les parois rocheuses, ruines de pyramides... Nous nous chargeons de toute cette bonne énergie avant de nous rendre quelques jours à la capitale pour respirer le bon air du "smog" (nuage de pollution énorme), visiter le musée d'anthropologie (une mine d'or!) et présenter notre spectacle ainsi que des ateliers de clown, acrobaties, beat-box et jonglage durant deux jours dans une école Montessori à Patchuca.

 

De retour à Tepozlan, le père de Juanin, anthropologue spécialisé sur le culte chamanique, nous en apprend énormément sur les rituels des différentes ethnies du pays. Un de ses neveux, souffrant de problèmes graves à la jambe qu'aucun médecin n'a pu résoudre, est venu ici de Madrid, pour se faire soigner par un guérisseur aux pouvoirs mystérieux, connu dans tout le Mexique.

 

Le Mexique c'est aussi un pays où la plate réalité et le mystique se confondent et s'obsèdent

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Cinq jours de vélo plus tard, nous arrivons à Queretaro pour la fête de l'Indépendance du Mexique. Dans les rues, des hommes et femmes de tout âge, et toute couleur de peau, défilent, vêtus des habits de cérémonie des différentes ethnies de la région. Tout le monde danse et au rythme des tambours, les costumes faits de plumes gigantesques, de têtes d'animaux et de signes mystérieux sont pures explosions de couleurs

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  Le Mexique a de multiples visages mais dans ce pays comme dans toute l'amérique latine, un même esprit est là. Il a survécu et il renaît aujourd'hui au sein d'un peuple métissé. C'est l'esprit qui a habité ce continent avant l'arrivée des espagnols.

 

Et une chanson qui nous a poursuivi dans tous les pays que nous avons traversé à vélo en est l'exemple:

 

Soy un niño salvare, innocente, libre, silvestre

Tengo todo los edades, mis abuelos viven en mi

Soy hermano de los nubes y solo se compartir

Se que todo es de todos y que todo esta vivo en mi

Mi corazon es un estrella y soy hijo de la tierra

Viajo a bordo del espiritu y camino a la eternidad.

Je suis un enfant sauvage, innocent, libre, sylvestre

J'ai tous les âges, mes ancêtres vivent en moi

Je suis frère des nuages et sais seulement partager

Je sais que tout est à tout le monde et que tout vit en moi

Mon coeur est une étoile et je suis fils de la terre

Je voyage à bord de l'esprit et chemine vers l'éternité. 

 

Sur ce je vous laisse, portez vous bien, des bises à tout le monde...

Par Yann
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Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 22:58

  Nous sommes actuellement au Mexique. L'Amérique centrale résonne encore dans ma tête...

L'odeur de tortillas est toujours fixée à mes narines. Le goût du "gallo pinto" et des fruits exotiques s'accroche à mes papilles. Les volcans, lacs, bords de mer, jungles et montagnes sont restés imprimés sur ma rétine. La chaleur humaine des gens réchauffe encore ma main à travers le souvenir des si nombreuses poignées de main. Les histoires de guerre civile et guerres de gangs qui se baladent encore dans mes oreilles manquent de me percer les tympans, mais les douces voix des personnes avec qui nous avons échangé et les milles chants des animaux que nous avons croisés apaisent cette douleur.

Mes cinq sens se sont imprégnés de tout ce qui fait  la particularité de ces cinq petits pays que sont le Costa Rica, le Nicaragua, l'Honduras, le Salvador et le Guatemala.

 

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Costa Rica

 

 Costa rica (côte riche), c'est comme ça que les colons ont baptisé ce petit bout de terre lorsqu'ils l'ont découvert en 1510. DSC01874A chaque coup de pédale c'est un nouvel oiseau aux couleurs innattendues qui plane juste au dessus de nos têtes, c'est un concert d'une centaine de grenouilles aux sons tous différents, c'est un tapir qui traverse tranquillement la route, des crabes aux couleurs flashy, des singes qui se prélassent ou qui se balancent d'arbres en arbres... c'est aussi beaucoup de volcans, toujours en activité pour certains, (tout le pays a d'ailleurs avant tout été formé par une importante activité volcanique) et surtout des plages de rêve où les surfeurs californiens ont trouvé leur place.  

 Le tourisme s'est énormément développé. Là où nous sommes passés, le Costa Rica fait un peu penser à une colonie des Etats Unis. Il y a certaines villes où ne vivent presque que des américains retraités, ne parlant pas l'español, et où la musique caribéenne qui sort des bars a fait place à de la musique country. L'español parlé ici par les "ticos" (habitants du Costa Rica) a d'ailleurs un léger accent des Etats-Unis, par exemple "Costa Rica" se prononce ici "Costa Wica".

 Le tourisme de masse, s'il rapporte de l'argent au pays, fait auDSC01780ssi quelques dégâts ici. Il privatise de plus en plus tout ces petits coins de paradis qui deviennent accessibles seulement aux plus riches et il a fait augmenté le coup de la vie (tout est presque aussi cher que chez nous dans les lieux touristiques) sans que les revenus des ticos n'augmentent.

Mais du même coup, l'éco-tourisme pratiqué ici, injecte des fonds pour la sauvegarde de la faune et de la flore, qui attire toujours plus de fans de nature.

  Sur cette route qui longe le pacifique, nous n'auront pas rencontré beaucoup de natifs du pays. Mais même dans les lieux où tout est privatisé et où l'argent est roi nous avons rencontré l'hospitalité. Lors de notre tournée des restaurants pour jouer de la musique et gagner un peu d'argent pour se payer le Gallo Pinto, plat traditionnel, nous avons tenté notre chance dans un restaurant 4 étoiles. Le patron n'a pas voulu que nous jouions pour les clients mais pour lui seul, et ému par notre manière de voyager il nous a invité à manger, à camper dans l'hôtel et à se prélasser dans la piscine. "Pura vida mae!"

 

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 "Pura vida". C'est l'expression qui caractérise ce pays. On s'en sert pour dire bonjour, merci, de rien, c'est cool, je vais bien et encore tout plein d'autre trucs. Mais c'est surtout synonime du bonheur qu'ont les gens de vivre ici en étant entourés d'une nature si riche.

 

 

Nicaragua

 


L'entrée au Nicaragua c'est d'abord la découverte des tortillas, galette de maïs qui se mange à chaque repas. C'est aussi plein de nouvelles odeurs, de nouvelles couleurs sur les habits traditionnels et une empreinte des Etats Unis bien moins présente. "Je crois que là on est de plein pied en Amérique centrale!"

 P5191360[2] Au Nicaragua, la famille Zarmalouloux s'agrandit. Nous voyageons avec Daniel, qu'Arthur a rencontré à Libéria, notre dernière escale au Costa Rica. Daniel, cyclo holandais, a 24 ans et profite de ses vacances universitaires en anthropologie et économie pour aller de San Jose (capitale du Costa Rica), à Cancun (Mexique). Le courant passe tout de suite bien... et nous passerons au total 10 jours à nous connaître et à partager de très forts moments qui seront pour nous les souvenirs de ce pays enchanteur qu'est le Nicaragua.
 Quand on demande à Daniel "tu joues d'un instrument?" ilDSC01859nous répond "oui, un peu de trompette" ça tombe bien, on en a une! Dés le deuxième soir, à San Juan del Sur, ville balnéaire au bord du Pacifique, avec plein de bars et de restaux pour aller chanter, Daniel nous accompagne à la trompette!

En voulant nous rendre à Chacocente, une réserve naturelle protégée par la marine, lieu très particulier où en octobre, chaque nuit, 20 000 tortues viennent pondre sur la plage de 1.5km, nous nous tromperons plusieurs fois de chemins et ne serons pas autorisés à emprunter un chemin plus direct mais privatisé. Au final, ces petits détours nous ont permis de passer par de tous petits chemins de terre comme cela faisait longtemps que nous n'avions pas pratiqué, découvrant ainsi le Nicaragua profond, plein de charmes...
Sur le chemin, on croise beaucoup moins de véhicules motorisés, que de gens à vélo (trés souvent à deux ou trois dessus) de charrues tractées par des boeufs, de cavaliers à cheval, souvent coiffés de beaux chapeaux blancs, style cow-boy et quasi toujours une machette à la main ou dans son fourreau.
Les conditions de vie sont très simples. Il y a peu d'eau courante, les gens puisent l´eau de leurs puits qu'il y a devant presque chaque maison. On retrouve les toilettes comme il y en avait beaucoup au Pérou ou en Bolivie, dans des cabanes de toile ou de métal, au dessus d'un trou. Il y a aussi beaucoup de chèvres, de cochons et de poules en liberté sur les bords de la route et dans les maisons.
Les gens sont très avenants. Presque tous nous saluent à notre passage, agitant la main ou par un "adios!" (aurevoir), "que les vaya bien!" (Portez vous bien!), "que dios les acompaña!" (Que Dieu vous accompagne!) ou un cri de joie "Hey!" et comme d'habitude, beaucoup de "gringo!", "Hello baby!","yes my friend!", contents et morts de rire de crier les quelques mots d´anglais qu´ils savent à des gringos que nous sommes selon eux...
  A Chacocente, on apporte les dernières touches à la création du spectacle, qu'on a présenté aux militaires, ravis. Départ épique de la réserve, sous un cagnard de plomb, sur un chemin de boue bien grasse (après une bonne pluie tropicale), collant entre les roues et les gardes boue, à ne plus pouvoir rouler. Il faut pousser , voir porter le vélo. Le tout avec un bon relief, sans croiser âme qui vive et donc une étape sans ravitaillement en eau et nourriture.
En fin d'après-midi, quand ça commence à devenir vraiment dur, on retrouve enfin l'asphalte (il y a des fois on le bénit quand même!) et des habitations pour se faire un festin de petits biscuits et de deux assiettes de "gallo pinto" (riz- "frijoles":haricots rouges, le plat typique de base dans toute l'Amérique centrale), offert par de gentilles familles.

P5171356[1] Arrivée à Buena vista, charmant petit village où l´on s'arrête manger des mangues (comme ça nous arrive très très souvent!). C´est là qu'arrive comme une fleur, la joyeuse Margarita qui nous ramène un dulce de Manguos (genre de confiture), cuite avec le noyau dans du miel et de la cannelle... un vrai délice! Et pour l'accompagner, elle nous offre une grosse carafe bien fraîche de Pinol, une boisson typique à base de maïs toasté... riquisimo!
Bien amadoués, on décide de rester dormir sur le terrain de l´"église" que sa famille a généreusement offert pour sa construction.. Margarita vit avec sa mère Tiodora de 73 ans et sa grande tante Rosa de 90 ans. Elle a 2 frères et 9 soeurs. Ces femmes m'ont impressionné par leur force, leur douceur et leur beauté. Dans leurs yeux transpire la sagesse et la bonté.Quel bonheur de leur donner la main, de leur faire un abrazo (accolade), de recevoir leur bénédiction. Avec elles, on apprend à faire des tortillas... pâte moulue au moulin, puis pétrie avec une pierre ovale sur une autre pierre plate, et cuite au feu de bois sur une plaque de fonte courbe.

 

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  Le lendemain matin, nous avons présenté notre nouveau spectacle à la petite école du village, où ils fêtaient la fête des grands mères et des mères. Ce fut un très beau moment. Nous avons dansé, écouté des chants, regardé des danses traditionnelles et les mamies danser les yeux bandés avec un bâton qu'elles agitaient dans l´air avec conviction pour tenter de faire tomber la piñata (un paquet en papier maché, suspendu à une corde que l'on fait bouger et à l'intérieur duquel se cachent des friandises), et se jeter ensuite par terre comme des enfants pour ramasser le butin de bonbons!
 Notre dernière étape avant de passer en Honduras et de nous séparer avec nostalgie de notre frère hollandais... la joyeuse ville de Leon. Nous cherchons une école pour présenter le spectacle en échange de deux nuits d´hébergement. La petite école que l'on trouve est très mignonne. Doña Dora Marcelina, la gardienne qui vit avec ses deux filles nous accueille avec grand coeur. Elles sont très chrétiennes (comme la plupart des gens en Amérique centrale), et ne sortent jamais à ce quelles disent, ce qui fait de l'échange un moment très riche pour chacun.
Au revoir émouvant avec Daniel qui souhaite faire une boucle plus longue au Nicaragua, et derniére ligne droite pour le Honduras.

 

 

Honduras

 

Nous ne verrons que la côte pacifique du Honduras, juste 100km, juste un aperçu avant de passer au Salvador. Mais dans ce pays espace de terre que nous traversons, un concentré de bonnes choses va nous arriver, qui fera que nous P5241410nous y attarderons 4 jours au lieu de 2 prévus à la base. Le premier jour nous arrivons à la ville de Choluteca. Chacun se trouve un feu rouge pour jongler et gagner le pain du soir. Ici, la monnaie n'est pas très forte, il n'y a pas beaucoup de pièces qui circulent et c'est ainsi que nous nous retrouvons avec des grosses liasses de billets en poches après quelques heures. Et va venir à nous une chose qui a bien plus de valeur que n'importe quelle liasse de billets. Une famille au coeur grand comme ça! Frances (la mère), María José (10 ans), Clarisa  (13 ans), MaríaJosefin a (9 ans), et Diego (15 ans) débarquent tous à vélo au feu où jonglent Sybille et Fourmie. -"Vous parlez espagnol? - si si ! -D'où venez vous? - De France. - Ça vous dirait de venir à la maison ? On a un restaurant dans la ville coloniale... Vous pourriez boire ou manger quelque chose et puis si vous vous sentez bien vous resterez à la maison, les enfants seraient ravis !" C'est ainsi qu'on se retrouve catapulté, pour notre plus grand bonheur, dans une maison gigantesque. On passe la soirée à jouer avec les enfants, à discuter avec les parents et à gouter les spécialités de leur restaurant. Le lendemain nous sommes invités à découvrir leur école et à y jouer notre spectacle. C'est une école Montessori. Ici, les élèves jusqu' à 6 ans ne sont pas séparés par classe. Ils sont tous ensemble dans une salle équipé de matériel "Montessori". La curiosité de l'enfant est la base de leur apprentissage. Le professeur possède un rôle de médiateur et chaque élève peut enseigner ce qu'il sait à son camarade et ainsi apprendre encore plus. Après avoir joué notre spectacle devant un public en folie, les élèves nous présentent leur spectacle de danse où toute l'école participe. Nous mangeons avec eux à la cantine et restons encore 2 heures à partager ensemble. Au moment de partir, les professeurs et élèves lèvent les mains au ciel et prient pour que tout le meilleur nous arrive lors de notre voyage. Et pour s'en assurer, notre famille adorée va nous accompagner en vélo jusqu'à la prochaine ville où nous passerons la nuit dans la maison des grands parents absents. Avec tant de bonheur accumulé dans ce pays, c'est tout légers qu'on entre au Salvador.

 

 

Salvador

 

 A Ursulutan, nous retrouvons enfin notre compagnon de route argentin Titan. Il était resté un peu plus de temps avec Carlos, notre colombien préféré, au Panama et Costa Rica, ne pouvant résister à la tentation de se frotter aux spots d'escalade environnants. Carlos lui, en tant que colombien, ne pouvait obtenir le visa du Costa Rica à la frontière. Après avoir roulé quelques jours avec la peur de se faire arrêter par la police en tant qu'illégal dans le pays, il a préféré se diriger vers le Brésil pour rejoindre nos autres compères à vélo, Bessa et Tuity.

DSC02045C'est donc à 7 que nous passons 2 jours à Ursulutan, chez les pompiers à répéter le spectacle. On le présente devant la caserne hilare et une poignée de passants interloqués. Après quelques minutes, un des passants vient nous voir, pour nous proposer de jouer le soir même dans le chapiteau de cirque installé à côté de la caserne. Deux heures plus tard, après une organisation expéditive on se retrouve chacun à son tour propulsé sur la piste aux étoiles. La pression est à son comble pour nous. Alors que je me change dans la caravane, on vient me chercher pour me dire: "c'est déjà commencé, les filles finissent de danser et c'est à toi.  - Hin...? Quoi...? Maintenant...?" Je me dirrige vers les coulisses, les filles sortent, la musique tonitruhante s'arrête, silence, je passe ma tête par le rideau, glupps, il faut que j'y aille. Mon clown prend ma place et c'est parti. La voix de Monsieur Loyal est présente tout au long du show pour combler les baisses de régime, donner de l'intensité à certains moments, nous porter et nous animer pour y croire. Ce fut une expérience unique et très intense malgré sa brièveté. Et ça a aussi été la rencontre de deux écoles de cirque bien différentes.

 Le Salvador ça a été le pays le plus chaud d'Amérique centrale, pas seulement à cause du soleil brulant mais aussi à cause de la violence qui règne ici. En effet, après avoir connu une guerre civile de près de 30 ans entre le gouvernement formé en grande partie de militaires à la botte de grandes familles issues de l'oligarchie de propriétaires terriens coloniaux ou nord américains et des mouvements populaires (accords de paix :1993) le désir de paix des habitants n'est toujours pas comblé. Des gangs, animés par des intentions populaires à la base, se livrent aujourd'hui à des baggares sanglantes. Nous avons été mis face à cette réalité lors d'une fin d'après midi en cherchant un lieu pour dormir. Dans un petit village, nous demandons à une petite fille qui nous dépasse à vélo, s'il est possible de camper près du ruisseau. Elle nous répond que c'est dangereux car il vient d'être réglé un "petit problème". En arrivant au niveau du pont, il s'avère que le "petit problème" c'est un homme affalé par terre depuis une heure avec un trou dans la tête. Il a voulu ne plus faire parti d'un gang et en a subi les concéquences.

 La plus part des gens qui entrent dans les gangs aujourd'hui sont, d'après les dires, des jeunes qui se sont rendu auxP6031508 Etats-Unis illégalement pour travailler, qui se sont fait expulser, et qui démotivés devant le peu d'argent qui se gagne au Salvador se sont tournés vers les gangs pour assouvir leur soif d'argent. Cette violence ne se passe qu'entre les gens des gangs, nous n'avons jamais rien eu à craindre, et tous les gens que nous avons rencontré étaient toujours attentionnés envers nous. Comme cette famille que nous avons rencontrée en quittant la ville de  Zacatecoluca. Ils nous alpaguent gentiment alors que nous sommes arrêtés en face d'une église où ils fêtent la Vierge Fatima. Nous sommes invités à boire un chocolat et manger un bout ensemble puis ils nous ouvrent la porte de leur foyer pour passer la nuit. Tout le quartier est devant sa porte, intrigué par ces voyageurs venus se perdre par ici. Pendant ce temps là nous trouvons la paix et la sérénité dans ce foyer en apprenant des jeux de société avec les enfants et en écoutant des chants religieux inspirés avec les plus grands. Et puis il y a toujours les rires des enfants pour nous rendre le coeur léger dans les écoles où nous passons faire notre spectacle. Depuis peu c'est avec une bombe de peinture que nous laissons une trace picturale dans les écoles en y posant notre signature.

 

 

 

Guatemala

 

 Dès l'entrée au Guatemala c'est une nature très impressionnante qui nous acceuille. Il y a des arbres gigantesques P6211720sur le bord de la route, des amatés perchés à 15 mètres de haut dont les racines se baladent sur un pan rocheux jusqu'à atteindre le sol et une jungle bouillonnante de sons d'insectes, grenouilles et oiseaux mystérieux. Les habits traditionnels ont autant de couleurs que les oiseaux. Ils sont portés par les hommes comme par les femmes. Sur leur tête, les femmes portent souvent de grosses charges ainsi qu'un bébé dans le dos et un magnifique sourire dont la moitié des dents sont en argent. Il y a comme un air de Bolivie dans ce beau pays!

 Après la chaleur étouffante du Salvador, on se dirrige avec alégresse vers la fraicheur des montagnes et plus particulièrement vers la ville d'Antigua Guatemala. Ancienne capitale, ville coloniale aux pavés et vieilles maisons peintes aux couleurs provencales. Là, nous avons rendez-vous avec Lou, une française que nous avons rencontré sur le bateau entre la Colombie et le Panama. Nous passerons quelsques jours dans sa maison, à se sentir comme chez nous, profitant de ce confort inhabituel entre grosses bouffes et concerts de salsa ou cumbia. Cette ville dédiée au tourisme et aux riches guatémaltèques c'est un peu comme un petit DisneyWorld dans le Guatemala, "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil". En passant quelques heures à la capitale toute proche pour gagner quelques Quetzals (monnaie nationnale) en jonglant au feu rouge une toute autre réalité du Guatemala nous apparaît. Beaucoup de pauvreté et de violence avec des voitures qui se font braquer arme au poing en plein jour. Mais aussi de belles amitiés comme avec le groupe de Gypsy Cumbia "Calimosho" avec qui nous passerons plusieurs jours à rire et partager de la musique.

 

 DSC02114Puis, asphyxiés par l'atmosphère pesante de la ville, nous allons nous frotter à la magie des ruines maya de Tical. Les ruines n'étant pas du tout sur notre route nous nous y rendons en stop, à l'arrière d'un pick-up ou d'un camion, le vent dans les cheveux et le paysage qui défile beaucoup plus vite que d'habitude. A notre arrivée sur le site, un gardien nous prend à parti et nous propose de nous faire rentrer, pour moins cher que l'entrée officielle,  tout en pouvant  passer la nuit sur le site. "Tous les gardiens sont au courant, c'est un bizness que nous avons mis tous en place car le gouvernement a augmenté le prix des billets d'entrée pour mieux payer le personnel mais nous n'avons jamais vu cet argent. Et ça permet à quelques touristes de pouvoir réellement ressentir la forte énergie qui se dégage en ce lieu." Hésitants, on finit par accepter et un gardien amoureux de cet endroit, nous fait partager son savoir tout en nous guidant à travers les ruines. Le site de Tical est une réserve naturelle, et les pyramides sont perdues au milieu de kilomètres carrés d'arbres gigantesques où se nichent singes et oiseaux aus couleurs hallucinantes. Nous allons sur la plus haute pyramide pour admirer le coucher de soleil et se faire bercer par le chant de cette jungle imposante d'où emerge, perdus dans cette immensité, le dernier étage de certains édifices. Puis le soleil laisse sa place à la pleine lune, qui va ouvrir pour les privilégiés que nous sommes, les portes d'un site maya qui devient pure magie sous cette pâle lumière. L'imagination, qui s'emballe dans cette athmosphère nocturne, fait parfois revivre les anciens habitants de cette ville, disparus on ne sait comment.

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Les mayas étaient des astronomes et mathématiciens d'exeption. Le calendrier, basé sur l'observation du soleil, de la lune et des étoiles, est plus précis que notre calendrier grégorien. Ils pouvaient prédire très précisément la venue d'une éclipse des centaines d'années plus tard et envisageaient le temps en cycles, qui pour les plus grands, sont basés sur des milliers et milliers d'années. Ça fout le vertige et c'est dans cet état là qu'on déambule au milieu de ces ruines fantômatiques. Puis, au milieu de cette nuit épaisse, un singe hurleur vient rompre le silence dans lequel nous flottions. Un autre lui répond, puis un autre... ils ont l'air d'être à des kilomètres de là. Le vertige s'empare alors complètement de nos corps, on se sent minuscules au beau milieu de cette jungle épaisse et encore plus minuscules face à la course infinie des étoiles que les mayas observaient. Mais quel meilleur moment que maintenant, quel meilleur endroit qu'ici quand le monde qui nous entourre devient pur fantasme et la réalité un rêve où il est bon de ce sentir flotter au sein de l'Infini. DSC02320

Le monde des rêves, nous allons le rejoindre en allant dormir au sommet de la plus vieille pyramide appellée "elDSC02306 mundo perdido". Là haut, une plateforme a été érigée pour avoir une vue à 360 degrés et observer la voute celeste afin d'apprendre ce qu'elle peut nous dévoiler. Le chant de la lune nous apporte le sommeil et c'est le soleil transperçant la brume matinale qui va nous réveiller. A cette heure là, cette pyramide est aussi parfaite pour observer le va et vient des nombreux oiseaux exotiques.

 P6241763

 L'aventure au monde maya terminée, nous nous dirrigeons vers le lac Atitlan. C'est sur les berges de ce lac entouré de volcans que Cyrilo, Arthur et Titan nous ont attendus en pratiquant toujours plus cette chère Cumbia colombienne. Là nous rencontrons d'autres musiciens et quelles que personnes qui nous en apprennent pas mal sur la culture maya.

Une semaine plus tard nous sommes déjà à la frontière mexicaine. Des journalistes nous suivent jusque là et nous passons une heure à être interviewvés. Il parraît même qu'on est passé à la télé nationale. Une trace de plus de notre passage en Amérique centrale, elle qui a laissé tant de traces en moi.

 

 

Nous sommes maintenant au Mexique. L'Amérique centrale résonne encore dans mon coeur...

Par Yann
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Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 16:48

 

Kuna Yala

... Kuna Yala ...


 

Ketzal

... Ketzal ...

 

 

ZarmaFamily

... Zarma Family ...


Un petit message au passage pour vous inviter au salon du vélo Viva Vélo!  à Cesson (77) ce samedi 21 mai. A voir: plein de vélos plus fous les uns que les autres, des conférences, des débats, une vidéo conférence avec la Zarma Family en direct du Nicaragua (grâce à la magie d'internet), des super T-shirts avec le dessin ci-dessus dans le dos et plein de gens à rencontrer. Pour que vive le vélo...

 

Par Yann
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Mardi 3 mai 2011 2 03 /05 /Mai /2011 10:24

Panama 4768Le départ de Colombie a vraiment été dur. On s'est tous tellement pattachés à ce pays que dans les rues de Turbo (port d'où nous partons), lorsque les gens nous demandaient de leur jouer un morceau, c'est avec la boule au ventre et les yeux tout humides, que nous leur interprétons le morceau "Colombia tierra querida". Cette chanson va d'ailleurs nous trotter dans la tête un bon moment par la suite. D'autant plus dur a été le départ que deux de nos compères, que j'appellerais plutôt des frères tellement cette aventure nous a liés, durent rester sur le quai. Sans passeport, Bessa et Tuity, ne pourront pas continuer l'aventure plus au nord. Barba et David ayant pris aussi un autre chemin au niveau de Medellin, c'est à 8 que nous entrerons en Amérique centrale. Notre aventure est maintenant "seulement" franco-argento-colombienne.

  C'est tous entassés avec nos vélos dans une barque à moteur, que nous atteindrons la frontière panaméenne et cette région des caraïbes appelée Kuna Yala. Notre première journée en ces terres fut plutôt étrange. Les indiens qui vivent ici s'appellent les "Kunas".Panama 4794 Ici, à Puerto Baldia, ville frontière, bloqués sur leur km carré de terre, peut être pour parer à l'ennui, ils feront une affaire d'état de chaque événement. En nous baladant torse nu dans les rues sous une chaleur accablante, nous nous ferons harceler pour mettre un T-shirt (nous apprendrons plus tard qu'ils ont voté une loi pour obliger le port du T-shirt...?!) et recevrons des menaces de se retrouver en prison pour avoir cueilli des noix de coco. Dans l'incompréhension devant tant de violence, on a fini par se demander " mais pourquoi sont ils aussi méchant ces "ïspices di counasses"? ".DSC01124

Nous finissons par trouver un bateau pour nous mener à la première route qui traverse la jungle du Darien, afin de pouvoir rouler sur cette mystérieuse Amérique centrale. Mais il se trouve que ce bateau, le "Don Luis", est en fait "une galère"... mais sans rames. Des problèmes de moteur feront que nous mettrons 15 jours pour effectuer la traversée au lieu de 8. Nous resterons parfois bloqués 3 jours au même port. Voyageant à vélo, nous sommes habitués à ne dépendre de rien ni de personne pour avancer, et cette situation va jouer sur les nerfs de chacun de nous au fur et a mesure. Mais d'un autre coté, nous avons eu le temps de découvrir la culture des Kunas et de se faire une autre idée de l'impression que nous a laissé Puerto Baldia.

Panama 4814  Dans l'archipel de San Blas il y a environ 365 îles dont 30 sont habitées. Les Kunas ne vivent pas sur les terres, toutes proches, du continent car elles sont infestées de moustiques et de bêtes sauvages. Ils vivent encore grandement de manière traditionnelle. Les murs de leurs maisons sont faits de branches de canne à sucre et les toits en feuilles de bananier, le tout relié par des cordelettes. Il n'y a qu'une pièce et souvent pas d'électricité. Pour subvenir à leurs besoins ils vont au petit matin en pirogue sur les terres fertiles du continent pour pratiquer l'agriculture de la coco et profitent du tourisme pour vendre leur artisanat (comme les ¨molas¨: patchwork de tissus très élaborés). Ils emmènent aussi les touristes fortunés sur les îles paradisiaques des caraïbes. Les femmes portent le costume traditionnel chamarré. Lorsqu'elles se marient elles se coupent les cheveux et portent un châle rouge et jaune. Leurs bras et leurs jambes sont couverts de perles aux couleurs vives et elles portent un piercing en or dans le nez, de plus en plus gros avec l'âge, si bien que le nez des plus âgées s'en trouve très allongé.  

Panama 4844Au début du 20ème siècle, lors de l'indépendance du Panama, les peuples indigènes ont subi de nombreux affronts de la police coloniale. DSC01107Les Kunas ont à cette époque pris les armes (fournies par les Etats Unis qui s'y mêlent) et attaqué les places fortes de la police présente sur les îles. Suite à de nombreux affrontements, ils exercent maintenant, et depuis 1925, leur propre souveraineté. Pour les prises de décisions, ils organisent des conseils, auxquels nous avons pu assister (sans rien y comprendre puisqu'ils discutent dans leur langue), le matin pour les hommes et le soir pour les femmes. Les choses sont discutées parfois pendant plusieurs semaines. Un bel exemple de démocratie! Malheureusement, l'heure du conseil semble parfois rimer avec l'heure de la sieste, car la moitié des hommes dormaient dans l'enceinte du conseil lorsque nous y avons assisté. Un homme a d'ailleurs la tâche de crier de temps en temps pour que tout le monde se réveille.  

   

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DSC01148 Après tant de jours à voguer sur les caraïbes, nous arrivons à Carti, première ville du continent dotée d'une route qui traverse la jungle du Darien. Des montées hallucinantes! Seuls les 4x4 peuvent venir à bout de ces côtes à plus de 45 degrés. Et avec nos vélos tout rouillés par l'air de la mer et nos mollets tout ramollis par tant de farniente on va se prendre une sacrée dérouillée. Obligés de pousser les vélos sur des kilomètres et dans ces conditions, 30kms dans la journée c'est déjà un exploit! Mais ça ne nous a pas empêchés de profiter de la symphonie créée par les nombreux oiseaux et singes hurleurs de cette jungle bouillonnante.  DSC01133


DSC01424 Après quelques jours nous arrivons à la capitale où se dressent devant nous des buildings plus impressionnants les uns que les autres. Nous nous logeons pendant une semaine dans un quartier cosmopolite au possible. Les immeubles les plus modernes sont voisins de ruines et de maisons rafistolées avec des planches de bois cloutées. Tout ceci car quelques propriétaires détiennent tout le quartier et ne veulent pas tout rénover maintenant, préférant jouer avec le cours de la bourse. Ainsi se côtoient ici de riches américains en 4x4 et de très pauvres familles qui squattent les lieux tant qu'elles le peuvent.

 

La suite du voyage dans ce pays se déroulera sur la seule route qui traverse le pays du sud au nord, la panaméricaine. Nous ne croiserons donc pas de petits villages en chemin et nous retrouverons très vite au Costa Rica pour fêter mes 25 ans, et 21000 kilomètres au compteur, entre musique et grosse bouffe.

 

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Par Yann
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Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 19:01

En Colombie nous serons passé une première fois en stop et en bus (en ayant laissé nos vélos à Quito) pour rejoindre ma petite famille à Bogota pour les vacances de noël. Nous Un peu de sport pour Janavons passé 3 jours dans le centre de cette capitale aux murs peinturlurés pour y découvrir une culture très riche. Puis direction Carthagène, sur la côte caraïbe. Ville très touristique, surtout en cette saison. Pendant un moment en voyant cette plage envahi par les buildings, j'ai cru atterrir à Miami. Mais une musique tout droit venu d'Afrique m'a prouvé le contraire. Sur la côte colombienne,  il y a beaucoup de descendants d'esclaves, et je dois dire que j'ai été très surpris de voir à quel point leur culture africaine est restée vivante aussi bien au niveau de la musique que de la danse. Je me revoyais replongé au Sénégal. Après dix jours qui passèrent très vite, c'est déjà l'heure des au revoirs avec la famille, pour retourner en Equateur et se préparer à un nouveau voyage en Colombie bien différent.           

 

  De retour à Quito, dans la maison du bonheur ou nous avons déjà passé plus d'une semaine, nous retrouvons nos amis argentins et brésilien ainsi qu'un chilien rencontré sur la route. Voyageurs eux aussi, ils gagnent leur pain en jonglant et en faisant les clowns au feu rouge. Pratique très répandue en Amérique du Sud. Le feeling est très vite passé entre nous et, étant dotés d'un esprit clownesque ouvert à toute nouvelle aventure, ils se sont très vite animés pour se joindre a nous.DSC00710  

 - Mais sans argent comment se procurer des vélos, des sacoches, et subvenir aux besoins du voyage?

 - Ce n'est pas l'argent qui arrête ceux qui croient en leurs rêves et qui ont appris à faire avec ceux qu'ils ont.

Pour les vélos ils ont frappés à toutes les portes pour récupérer des pièces détachées destinées à rouiller dans un coin et rencontrés des mécaniciens dévoués. Pour les sacoches: des bidons en plastique, du fil de fer et des restes de sac à dos cousus entre eux. Et pour le reste, ¨Vamos adelente¨ et on verra ce que nous réserve la route et les rencontres.

Tout ces ¨locos¨ nous rejoignent à Pasto, pas très loin de la frontière colombienne où nous nous sommes rendus précipitamment car notre visa équatorien touchait à sa fin. C'est dans une euphorie débordante, riant, criant, chantant que nous avons pris la route, encouragés par les cris et les klaxons des locaux, vers cette nouvelle aventure. Après une nuit à camper tous ensemble, nous rencontrons le lendemain celui qui sera le douzième apôtre de notre cirque international à roulettes. Il est colombien, parti seul pour voyager à vélo, il va vite se faire embarquer dans le tourbillon qui s'est mis en marche. L'équipe est donc au complet, nous pouvons commencer les présentations:   

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Andrés, dit Tweety, argentin,

petit clown jongleur survolté.

 Colombie 4695

Besa, le bienveillant,

ambassadeur de la douceur do Brazil.

 Colombie 4678

Lucas, dit Titan, argentin, arts martiaux, escalade...

il fait tout à font, à font, à font...

 Colombie 4688

David Alejandro, chilien,

le saxophoniste attitré.

 Colombie 4682

Luis, dit Barba, argentin, le douillen,

clown, jongleur et peintre.

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Carlos, colombien, le sage,

jongleur à la boule de contacte.

 

 Voyager à 12 c'est une aventure encore bien différente. Un point de rendez-vous est fixé pour l'étape du soir et c'est partit pour une journée pleine de rebondissements. Au fil des évènements: crevaisons, rencontres, invitations... on se recroisent tout au long de la journée. Une mission malgré tout, car c'est pas le tout de pédaler, gagner quelques Pesos pour avoir de quoi cuisiner le soir. Alors sur la route, certains s'arrêtent à la vue d'un restaurant, pour y jouer de la DSC00800musique (et se retrouvent souvent invités à manger par le patron ou un client) pendant que d'autres se postent au feu rouge pour jongler. Nous présentons aussi un spectacle de cirque dans la rue. Grâce aux petits numéros que chacun actue au feu rouge, le show s'est monté très vite. Clown, jonglage, acrobaties, musique et surtout, le plus important, la joie de vivre, une énergie débordante et l'envie de partager. La sauce passe! Les sourires s'affichent sur le visage du public enchanté de voir débarquer chez eux une caravane de clowns nomades aux accents bien différents.

Et nous avons toujours subvenus à nos besoins ainsi, mais ce n'est pas sans compter sur la générosité des colombiens. Le coeur sur la main! Toujours à se faire inviter à boire un café ou manger quelque chose. Comme un soir, où nous étant réunis sur la place de la ville suite à une longue journée de vélo. Doña Carmen, suite à une discussion avec Besa, lui dit: " - Oh bah je vous invite à manger! - Mais Carmen, nous sommes douze. - Ne t'inquiètes pas j'ai l'habitude de cuisiner pour beaucoup de gens... ". Des anges gardiens comme cette dame nous en recroiserons plusieurs. Notamment Irma à Popayan et Pilar à Medellin chez qui nous seront hébergés respectivement pendant une semaine. Et quel bonheur de trouver une famille d'adoption un peu partout!

 

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 Nos montures nous ont parfois menées dans des lieux loin d'être touristiques, où beaucoup de colombiens n'osaient pas se rendre. Des quartiers populaires des villes de Cali, Medellin et Chinchina. Avant de poser le pied en ces lieux, de nombreuse personnes nous avisaient des risques d'agressions mais nous y avons à chaque fois reçu un accueuil extraordinaire. Comme à Siloé, quartier populaire très mal réputé de Cali.  Énormément de vie dans les rues, musique à toute heure, et des habitants animés d'une réelle envie de partager avec ces étrangers qu'on attendait pas arriver ici. David, travailleur social, nous y a accueillis dans son centre culturel. Ici, cours de danse (salsa, hip hop, danse traditionnelle...), de peinture, orchestre symphonique (preuve que la musique n'a pas de frontière), salle multimédia... Tout fonctionne à merveille car le lieux est géré par les locaux. Pas besoin de se frotter à une lourde administration pour mettre en oeuvre une idée: pendant que nous présentons le spectacle, deux jeunes du quartiers s'animent à peindre un mur du centre d'après un dessin que j'ai réalisé sur le thème de notre voyage. 

 

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  Alors tout va bien dans le meilleur des mondes en Colombie? Et ce qu'on nous dit à la télé alors? Les enlèvements, le trafic de drogue? Nous n'avons jamais eu aucun soucis, mais il est vrai qu'au nord du pays, en empruntant une route où la guérilla est présente, nous avons vu des restes de bus cramés de la veille. La télé a beau nous relater les méfaits des FARC, jamais nous n'apprenons quelles sont leurs revendications. Et il est bien dur d'apprendre DSC00952quelque chose sur la situation du pays en interrogeant les gens. Les conflits sont tellement anciens et entremêlés... J'ai tout de même appris que les FARC étaient à la base un parti politique de gauche. Leurs représentants, lorsqu'ils se sont présentés aux élections se sont fait assassinés. Pour cela, la guérilla est aujourd'hui leur moyen d'action. D'un autre côté, il y a les paramilitaires. Armée privée qui défend les avantages des multinationales. En discutant avec les gens, nous apprendrons bien souvent qu'ils ont un proche, ami ou de la famille, qui est mort ou qui a disparu suite aux actes de la guérilla ou des paramilitaires. Le peuple a été pris en otage entre les intérêts politiques.

La situation est aujourd'hui bien plus calme qu'il y a dix ans mais il est certain que les colombiens ont beaucoup souffert. Souvent nous avons pensé à ce dicton, "c'est quand on a souffert que l'on approche de la sagesse". Sur ces terres nous avons pris une grande leçon d'humanité. Guidés par nos vélos,  nous avons avancé au rythme du coeur des gens, bercés par la musique, omniprésente ici (¡même lorsqu'ils parlent ça chante!). Et un rythme colombien appelé Cumbia, basé sur la cadence du coeur, résonne encore dans nos têtes.

 

       

 

Un petit exemple en musique

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En espérant qu'un jour cette musique pleine d'amour face s'estomper le chant des mitraillettes. Et que l'on apprenne enfin que sur cette terre métissée, où les gens s'appellent entre eux "vesino" (voisin) ou "hermano" (frère) on rencontre beaucoup plus de respect et d'amour que de haine. 

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Par Yann
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Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 19:24

 

Machu Pichu

... Le Machu Pichu et ses trois mondes ...


Tungurawa 

... 5h30 du matin, ascension du volcan Tungurawa ...

 

Selva

... Selva ...


 

Quito

... Passage à Quito ...

Par Yann
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Dimanche 19 décembre 2010 7 19 /12 /Déc /2010 20:12

L'entrée en Equateur a tout de suite annoncé la couleur. Ce n'est plus des côtes de 40 kilomètres comme au Pérou mais des montées courtes et hyper inclinées. Et avec la terre et les graviers, la moitié du temps il faut descendre du vélo et pousser. Une nouvelle discipline que l'on a baptisé le "run & bike". Pas de lacets interminables qui rendent l'ascension plus douce, ici pas de pitié pour ceux qui n'ont pas de moteur! La pente est tellement inclinée que le vélo de Jan ne supporte pas le poids de la charrette et la roue arrière perd la boule! Après une tentative plus ou moins hasardeuse de démontage de cassette sans fouet à chaîne, réussie néanmoins, de changement d'axe et de roue libre, un nouveau problème surgit. La roue se désaxe malgré un serrage adéquat. Grâce au génie des ingénieurs zarmalouloux, la roue est finalement liée au cadre par un système innovant mêlant visserie et plomberie qui assure un maintien jugé satisfaisant par le contrôle qualité. La réparation tiendra 2 jours...

Equateur 4354Nous arrivons donc difficilement à Villcabamba, mais en zigzaguant dans un paysage de montagnes magnifiques. C'est la police de la migration qui veillera à nos vélos pendant deux jours et qui nous offrira un lieu pour dormir. Et à 8h du matin, c'est sur un fond de musique électronique, que le policier qui a troqué son uniforme pour un pyjama nous propose une douche à disposition. Comme le dit le slogan ici: "La policia, mucho mas que un buen amigo". 

Avant de réaffronter les montagnes, nous remplissons nos gourdes de l'eau de ces contrées qui paraît-il a rendu centenaire pas mal de gens ici. 

A Loja, au petit matin, René, un avocat que nous avons rencontré, qui nous joint grâce au téléphone des pompiers  où nous sommes hébergés. "J'espère que je vous réveille... Je vous ai trouvé un plan pour faire votre spectacle, c'est dans un collège à 20 min et vous devez y être dans 1/2 heure! A toute suite..." C'est donc les yeux encore un peu collés que nous nous sommes présentés à ce collège. Annonce au micro et entrée dans la fosse aux lions et ses 1000 spectateurs.

En chemin pour Cuenca, nous redécouvrons avec émotion la culture andine d'altitude, les cholitas en chapeaux ronds et costume traditionnel, parées de beaux bijoux réapparaissent. Fait nouveau, tous les gens, même les garçons portent les cheveux longs. Dans cette petite région la culture est très riche et la tradition perdure. Ce qui change de ce que nous avons vu jusqu'ici de l'Equateur. L'influence de l'occident se sent beaucoup plus ici qu'au Pérou, et le dollar s'est d'ailleurs imposé comme monnaie officielle en 2000. Avec l'idée de gagner des dollars et de s'amuser, nous avons donc jonglé au feu rouge, fait le spectacle dans la rue, chanté dans les bus et vendu de l'artisanat pendant les 3 jours de fête de Cuenca.

 

Equateur 4366

 

Bien contents de pouvoir gagner des dollars, Arthur, Cyril, Jan et Fourmie se sont précipités sur le feu rouge dès qu'ils ont posé le pied à Riobamba. Après 1/2 heure, une voiture de la migration arrive et il se trouve qu'ils ne sont pas "mas que un buen amigo". Ils se font emmener au poste de police en se faisant expliquer qu'en tant que touristes ils n'ont pas le droit de travailler. Ils passeront donc deux jours enfermés pour "acto de malabarismo" (pour avoir fait du jonglage).

L'appel des grands espaces se fait très vite sentir et nous nous dirigeons vers Baños. C'est sous une pluie démentielle que nous rencontrerons une cascade de boue et de rochers, mais aussi le volcan Tungurawa, flirtant avec les nuages , et l'empreinte des ses coulées de lave à travers la route. Après avoir profité des eaux chaudes du volcan, on avait bien envie de se rafraîchir, alors l'idée nous est venue d'aller poser le pied sur la neige du volcan. On est donc parti à dix, avec des amis argentins que l'on recroise souvent, et trois guides.PB210115 Deux jours d'ascension. Une première nuit au refuge, la vue est magnifique, et lorsque les nuages se décident à faire un petit tour vers 21h, tous les volcans aux alentours surgissent habillés de la lumière bleue argentée de la pleine lune. Le rêve commence avant même que l'on dorme et lorsque nous nous levons a 5h nous n'en sommes pas encore sortis. La lune, qui a pris une teinte orange, est allée se placer derrière le Chimboraso et ses 6000m pour nous observer grimper au Tungurawa. Deux heures d'ascension sur un sol lunaire, sans végétation et jonché de cratères créés par les dernières éruptions, puis nous sommes enfin sur la neige. On avance doucement en file indienne armés de nos piolets. Et a 4500m d'altitude, les guides nous annoncent qu'il est dangereux de monter plus haut pour aller voir le cratère. Il y a des plaques de verglas et si le volcan se déchaîne, on ne pourra pas faire grand chose pour nos vies. Avancer sur ce volcan ne se fait pas sans respect pour la nature. Je ne parle pas ici spécialement d'écologie mais plus de respect pour les forces de la nature. Plusieurs personnes sont mortes à vouloir escalader ce volcan, à vouloir absolument dominer ces forces.

C'est un peu déçus que nous faisons donc demi-tour mais le soir même le volcan nous offre le spectacle d'une éruption avec nuage de fumée et flash orangés de lave, alors que nous sommes tranquillement installés autour d'un feu.

  

selva 

 

 Nous apprendrons aussi du respect de la nature en nous aventurant dans la jungle. Ici il y a "tout le bon et tout le mauvais". Des fourmies géantes (3cm appelées Kongua dont la piqûre est très violente, des anacondas, tout type d'araignés et moustiques... mais aussi une nouvelle plante médicinale tous les 2m, des insectes et des fleurs qui font de la lumière, (j'ai même pu lire quelque minutes grâce à l'un de ces insectes qui apparemment voulait écouter une histoire), et bien d'autres secrets... En nous dirigeant vers une communauté appelée Rio Blanco, nous devrons traverser des cours d'eau en portant le vélo, rouler sur des chemins difficiles, rester prisonniers sur un bout de terre ou nous avions campé après que le fleuve ait monté durant une nuit orageuse... Nous apprendrons aussi en chemin que 10 hectares de l'amazonie sont rasés par heure. Que des entreprises extracteuses d'or cherchent à exploiter la terre des communautés autochtones en leur proposant des habits et de l'alcool. Pour extraire l'or ils versent du mercure dans les rivières, la terre est alors gravement polluée, plus rien n'y pousse et ces communautés se retrouvent sans futur dans la jungle.

Arrivés à Rio blanco, nous faisons connaissance avec les habitants de la communauté, animons des ateliers de jonglage et acrobatie avec les 15 enfants de l'école, découvrons les secrets des plantes médicinales en se baladant dans la foret avec les fils du chaman... C'est un savoir ancestral énorme que l'on partage avec eux, de nombreuses plantes soignent tout type de maladie et pas mal de gens sont ici centenaires.

En repartant vers Quito, nous passons par une ville touristique d'où partent les embarcations dans la jungle. Ici les singes se sont installés sur la place principale. Ils n'ont pas encore adoptés le dollar mais quand un touriste se ramène avec sa bouteille de Coca-cola, ils s'empressent de lui piquer pour grimper à un arbre, dévisser la bouteille et la boire d'une traite. En Equateur, l'influence de l'occident arrive même dans certaines parties de la jungle...

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Nous passons un col à 4000m et nous retrouvons dans la jungle hurlante de la capitale. Hébergés par Santiago et sa casa cyclista puis dans la maison d'un équatorien que nous avions rencontré au Pérou. Cette maison est habitée par des clowns voyageurs d'Argentine et du Brésil. Ainsi, entre les mariages improvisés, les mots de français aux accents brésiliens qui s'envolent, les avions qui décollent sous la fenêtre, les moments où nous nous retrouvons dans le salon autour d'un feu de camp  (¿un feu de camp dans la maison? C'est aménagé pour que ca ne brûle pas et ne s'enfume pas) à faire de la musique... des moments magiques naissent ici bien loin du tumulte de la jungle urbaine.

 

Par Yann
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Lundi 11 octobre 2010 1 11 /10 /Oct /2010 19:01

 Le premier jour au Pérou a donné une configuration bien spéciale à ce voyage car nous nous sommes présentés au poste de douane bolivien à la tombé de la nuit juste avant sa fermeture, après trois mois dans ce beau pays, histoire de s'en imprégner jusqu'à la dernière minute. La frontière péruvienne étant fermée à cette heure là et n'ayant plus le droit de retourner en Bolivie (maximum 3 mois par ans pour un visa touristique) nous avons campé sur un morceau de terre n'appartenant à aucun gouvernement.. Et lorsque nous nous sommes présentés au poste de douane péruvien a 11h, les douaniers, non content de notre tranquillitude et tout content de pouvoir abuser de leur pouvoir ne nous ont donné que deux mois de visa au lieu de six possible. Les bases sont donc posées pour cette nouvelle aventure. Il est impossible de traverser ce grand pays en si peu de temps et l'amende est de 1$ par jour de retard, ce qui à six peut faire une bonne somme. Nous serons donc condamnés à prendre le bus à un moment pour notre plus grande déception.

                  pérou

 

Des les premiers jours nous rencontrons énormément de cyclo-touristes sur  la route. Une rencontre avec deux français nous a fait bien rire et anime encore nos soirée aujourd'hui. En effet l'un d'eux nous a confié qu'il était déçu par ce pays, car il n'arrivait pas à échanger avec les gens et de plus a-t-il dit " Je ne me suis jamais fait invité!!! ".  Il fut donc quelque peu surpris quand nous lui avons dit que nous avions passé notre première nuit au Pérou dans un local que des villageois nous avaient ouverts. Je vous raconte tout ça pour vous introduire à un concept très répandu en Amérique latine: "La buena onda". On parle de personnes ou de lieux "buena onda".

Ainsi une personne "buena onda" est une personnalité bien intentionnée, qui aime partager et échanger. Son antithèse est une personne "mala onpérou2da". "Buena onda" se traduit littéralement par "bonne onde". Lorsque l'on jette un caillou dans une marre , l'onde créée sur l'eau, revient égale à elle même après avoir atteint la berge. Plus je voyage et plus je crois en ce concept: on reçoit ce que l'on donne. L' "onda" que l'on dégage nous revient. Au Sénégal on me disait "une personne avec une bonne étoile attire ses semblables".

 Je comprends que certains voyageurs aient du mal à échanger avec les habitants des Andes car ils paraissent souvent froids et distants, bien que je prenne surtout cela pour de la timidité. Mais lorsque l'on sait les apprivoiser et que l'on souhaite réellement partager et échanger, la froideur andine laisse place à de chaleureux moments. Et c'est ainsi que nous nous faisons toujours autant inviter à manger boire ou dormir. Car notre voyage est voué à l'échange et non à la consommation comme le tourisme de masse. Le pur consommateur étant placé dans la case "mala onda", il ne recevra pas en ces terres ce qu'il ne donnera pas.  

 

 Le Pérou c'est aussi le fameux Machu Picchu et ses nombreuses ruines Incas. Ruines qui sont souvent perchées en haut de montagnes difficiles d'accès, l'occasion pour nous de poser nos vélos afin de pouvoir déambuler dans ces magnifiques paysages et de les apprécier tout autrement. Ce n'est pas seulement l'architecture qui est impressionnante mais aussi les lieux ou se trouvent ces anciennes citées. Perchées aux sommets de cols, flottant sur une mer de nuages, entourées de montagnes verdoillantes à la végétation abondante... L'énergie qui se dégage dans ces contrées est très forte.

 

 

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Terrasses tout le long de la montagne pour pouvoir cultiver, système d'irrigation géant, pierres taillées au mm prêt pour s'imbriquer  parfaitement et résister a toute les épreuves du temps, bassin d'eau pour observer les étoiles par réflexion...   Ces sont les quelles que traces qu'il reste de cette civilisation, une ombre ou un fantôme car au final on ne sait presque rien puisque ce peuple avait une tradition orale et que ses orateurs ont presque tous été tués. Voulant nous confronter seuls à seuls avec ce fantôme nous avons attendus en fin de journée dans un petit coin, pendant que les autres touristes s'en allaient, pour observer ce site magique à la lumière d'un croissant de lune. Les lamas, gardiens du lieux, seront nos seuls hotes pour cette nuit ou le temps s'est arrêté, suspendu au dessus du gouffre vertigineux. Notre imagination se fraille un chemin dans le "nouveau monde" pendant que la réalité de ce monde tout touristique aux allures de Walt Disney, s'éloigne. La géographie de ce "nouveau monde" est aussi ici synonyme des différentes réalités de l'univers Incas. Le fleuve, en contre-bas des ruines, symbolisé par le Serpent, représente le monde des morts. La citée elle même, est le monde des Hommes et des animaux, représenté par le Puma. Et le Wuayna Picchu, col surplombant la citée est le monde des Dieux et des Esprits. Il est représenté par le Condor. 

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Nous avons aussi visité le Choquequirao,   ruines bien moins touristiques mais tout aussi gigantesques. C'est dans des atmosphères bien spéciales que nous avons déambulé. En arrivant, c'est un soleil couchant rouge qui nous a accueilli et une brume bien épaisse qui s'étendait sur des kilomètres en faisant flotter les montagnes bleues de fin de journée. Puis après quelles que minutes de totale obscurité, la pleine lune a fait son apparition en persant les nuages pour imposer son vertige et sa douce lumière. Au petit matin, pas de soleil mais une purée de poids, impossible de voir à plus de dix mètres. Les ruines, posées au sommet du col, se réveillent ce matin sur un énorme nuage pour ainsi dire muter en citée volante. Nous devrons tout de même descendre de notre nuage pour entamer le troisième jour d'une marche bien  éprouvante qui nous ramènera a nos vélos.

 

 P9051652 Et le vélo n'est pas toujours de tout repos ici. Certaines cotes nous ont donné de bonnes frayeurs. Parce qu'elles peuvent démarrer a 900m d'altitude pour se terminer a 4000m. Mais le plus fou c'est que changer d'altitude c'est aussi changer de monde dans ce pays. C'est un peu comme la théorie d'Einstein qui décrit l'univers comme plusieurs mondes parallèles qui se superposent, ou aussi comme les multiples étages d'une lasagne.

Vers les 3000m, au lac Titicaca, ça ressemble pas mal à la Bolivie: les chapeaux melons sur la tête des cholitas, la végétation qui se fait rare et qui nous amènera à allumer notre feu avec de la bouse de vache (technique qu'on nous a enseigné ici) et les cols enneigés culminant à 6000m, considérés comme des dieux car apportant l'eau nécessaire lors de la fonte des glaces.

En prenant le bus, nous longeons la cote et ses déserts. Dunes gigantesques, roches violettes et ocres... paysages parfois très similaires à ce que j'ai pu voir au Sénégal.

Puis à 900m d'altitude nous arrivons dans des contrées  appellées "les cils de la jungle". La chaleur y est écrasante et le chapeau melon laisse place au sombrero. Il y a des sauterelles de 10cm, des feuilles aussi grandes que moi, les gens sont beaucoup moins timides et tout aussi chaleureux que la météo.

 Nos vélos ont suivis les lassés gigantesques des Andes et nous avons pu découvrir  les mondes parallèles qui se côtoies dans cet univers qu'est le Pérou.

 

  Notre petite caravane continue à passer dans les écoles pour présenter le spectacle...

 

 

... et poursuit sa route en Amérique du sud. Dans quels que jour nous serons en Equateur.

Par Yann
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Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 20:49

Petite  suite du carnet de voyage.

 

Camino Andino (Bolivie)

... El Camino Andino ...

 

P9091657

... Rêve éveillé au Salar d'Uyuni ...

 

P9091658

... La Paz, Capitale ...

 

On est actuellement à Cusco. Je vous raconte le Pérou un peu plus tard. Juste un petit lien sur un article qu'on a écrit à propos d'un lieu plein de d'énergie et de créativité par lequel on est passé. Le Taller Inti: qui se décarcasse pour que les énergies renouvelables fassent leur trou.  

http://zarmablog.blogspot.com/2010/09/taller-inti.html

Par Yann
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